pas un divorce, bien qu’il entraîne une autre conséquence juridique : la séparation définitive. De même, ʿAbd al-Razzâq rapporte dans son Muṣannaf (1), d’après Ibn Jurayj, lequel dit : « Ibn Ṭâwûs m’a informé, d’après son père, qu’il disait : “Le serment formulé avec le divorce n’est rien.” » Je lui demandai : « Le considérait-il comme un serment engageant ? » Il répondit : « Je ne sais pas. »
Ce même propos a également été rapporté par Sufyân b. ʿUyayna, d’après Ibn Ṭâwûs, d’après son père ; il fait partie des ḥadiths de Ibn ʿUyayna transmis par la voie des Mecquois. Le fils a formellement rapporté de son père qu’il disait : « Le serment accompagné d’une formule de divorce n’est rien », tout en demeurant incertain quant à savoir si son père le considérait comme un serment valide ou comme une parole vaine. Cela montre que, pour eux, cette expression ne signifie pas, d’emblée, qu’elle relève de la simple parole vaine ; car, si tel en était le sens évident, son fils n’aurait pas hésité. De même, si les auteurs de cette formule – telle ʿÂʾicha et d’autres – ne nous avaient pas transmis ce qui explicite leur intention, nous serions restés indécis : voulaient-ils dire qu’il s’agissait d’un propos sans effet, ou entendaient-ils simplement réfuter ce que l’interrogateur supposait ?
Il en va ainsi du ḥadith authentique où ʿÂʾicha rapporte que le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – fut interrogé au sujet des devins ; il répondit : « Ils ne sont rien. » On lui rétorqua : « Ils nous disent parfois une chose qui se réalise. » Le Messager d’Allâh – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – dit alors : « Cette parole véridique, le djinn la ravit, puis la dépose dans l’oreille de son protégé comme la poule caquette, et ils y mêlent plus de cent mensonges. » (2)(3)
Le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – n’entendait pas, par ces mots, assimiler leur existence à leur inexistence ; il voulait plutôt nier l’objet précis de la croyance que l’interrogateur leur attribuait, à savoir qu’ils disent vrai lorsqu’ils informent de l’invisible. Tel était, en effet, le propos de la question. C’est pourquoi le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – déclara : « Ils ne sont rien », c’est-à-dire : cette croyance que l’on nourrit à leur égard est infondée (4).