Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Ce qui expie le serment (1).

Quant à la variante comportant le terme « mā » (2), elle a été rapportée par Ibrāhīm ibn Muhājir, d’après Ṣafiyya bint Shayba, d’après ʿĀʾisha, au sujet de l’homme qui déclare : « Tout mon bien est voué au cadenas de la Kaʿba. » Elle répondit : « Cette Maison est certes suffisamment riche pour se passer de sa fortune », et elle n’y vit rien (3) ; autrement dit, elle ne le considéra pas comme un engagement contraignant, de sorte qu’il ne lui incombe, par cette déclaration, aucune des obligations de vœu qu’il s’était imposées.

On trouve des formulations similaires dans les propos des Compagnons et des Successeurs ; ils disent : « Ce n’est rien » ou « Il n’y vit rien », voulant ainsi nier le caractère obligatoire d’un tel engagement. En effet, la personne à l’origine du contrat — le questionneur — le croyait irrévocable et s’estimait liée par ce qu’il avait stipulé pour lui-même ; ils entendent donc annuler cette idée et déclarent : « Ce n’est rien » ou « Il n’y a rien à en retenir ». Ils imposent néanmoins l’expiation, car celle-ci est rendue obligatoire par la Loi révélée et non par la volonté contractuelle de l’intéressé.

Il en va de même de ce qu’a rapporté l’imām Aḥmad, avec sa chaîne de transmission — récit transmis de lui par son fils ʿAbd Allāh et cité par Abū Bakr ʿAbd al-ʿAzīz (5) dans al-Shāfī (6) —, où Aḥmad dit : « Muḥammad ibn… nous a rapporté… »

(1) Rapporté par Ibn Abî Shayba (n° 12479) et par al-Bayhaqî dans les Sunan al-Kabîr (t. 20, p. 171, h. 20062). Voir également p. 447. (2) Addition rendue nécessaire par le contexte. (3) Rapporté par Ibn al-Juʿd dans son Musnad (h. 2404) et par Sahnûn dans la Mudawwana (t. 1, p. 576). (4) Dans le texte original : « al-ʿaqil », en marge : « al-ʿāqid », avec la mention de la lettre « ẓ ». (5) ʿAbd al-ʿAzîz b. Jaʿfar b. Aḥmad, connu sous le nom de Ghulām al-Khallāl, juriste Ḥanbalite, né en 285 H et décédé en 363 H. Voir : Ṭabaqāt al-Ḥanābila (t. 3, p. 213), Tārīkh Baghdad (t. 12, p. 229), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (t. 16, p. 143). (6) Le Kitāb al-Shāfī est un ouvrage de fiqh d’une très grande ampleur, d’environ quatre-vingts volumes. À ce sujet, adh-Dhahabî écrit dans ses Siyar (t. 16, p. 144) : « Quiconque a jeté un regard dans son Kitāb al-Shāfī a perçu l’étendue de sa science, si ce n’est que certains imâms l’ont avili par leur hostilité, alors qu’il est digne de confiance dans ce qu’il rapporte. »
ما يكفر اليمين (١) . وأما لفظ [ما] (٢) رواه إبراهيم بن مهاجر، عن صفية بنت شيبة، عن عائشة في الرجل يقول: كل مالي في رتاج الكعبة. قالت: إِنَّ هذا البيت لغنيٌ عن ماله فلم تره شيئًا (٣) ؛ فمراده لم تَرَهُ عقدًا لازمًا، فلا يلزمه بِهِ ما التزمه من النذر. ومثل هذا موجود في كلام الصحابة والتابعين يقولون: ليس بشيءٍ، ولم يَرَهُ شيئًا؛ يريدون نفي لزوم ذلك العقد، فإنَّ العاقد (٤) السائل اعتقده عقدًا لازمًا يلزمه به ما جعله على نفسه فيريدون أَنْ يَنْفُوا هذا، فيقولون: (ليس بشيء) و (لم يره شيئًا) وهم مع ذلك موجبون للكفارة، لأنَّ الكفارة تجب بإيجاب الشارع لا بعقده. ومثل هذا: ما رواه الإمام أحمد بإسناده ــ وهو مما نقله عنه ابنه عبد الله، وذكره أبو بكر عبد العزيز (٥) في الشافي (٦) ــ، قال أحمد: حدثنا محمد بن
(١) أخرجه ابن أبي شيبة (١٢٤٧٩)، والبيهقي في السنن الكبير (٢٠/ ١٧١/ ح ٢٠٠٦٢). وانظر (ص ٤٤٧). (٢) إضافة يقتضيها السياق. (٣) أخرجه ابن الجعد في مسنده (ح ٢٤٠٤)، وسحنون في المدونة (١/ ٥٧٦). (٤) في الأصل: (العاقل)، وفي الهامش: (العاقد) وعليها حرف (ظ). (٥) عبد العزيز بن جعفر بن أحمد، المعروف بغلام الخلال، فقيه حنبلي، ولد سنة (٢٨٥)، وتوفي (٣٦٣). انظر: طبقات الحنابلة (٣/ ٢١٣)، تاريخ بغداد (١٢/ ٢٢٩)، سير أعلام النبلاء (١٦/ ١٤٣). (٦) كتاب (الشافي) كتابٌ فقهي، كبيرٌ جدًا، نحو من ثمانين جزءًا، قال عنه الذهبي في السير (١٦/ ١٤٤): (ومن نظر في كتابه (الشافي) عرف محله من العلم، لولا ما بشَّعه بغضِّ بعض الأئمة، مع أنه ثقةٌ فيما ينقله).

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