Et bien qu’il subsiste (1) à ce propos une divergence (2) entre les anciens de la communauté, Compagnons et Tābiʿīn, ainsi qu’un désaccord, parmi les plus récents des savants du Ḥijâz, puisque certains exigent, lorsque l’auteur se parjure, l’expiation du serment, tandis que d’autres imposent qu’il s’en acquitte effectivement,
on a dit : Si tu étais assisté dans la compréhension de ce que nous exposons touchant la force probante, irréfutable et levée de tout prétexte, des prescriptions transmises du Messager d’Allah — ﷺ —, tu reconnaîtrais que notre méthodologie demeure unique et constante ; à savoir :
les jugements que nous déclarons obligatoires, parmi ce qui est rapporté de lui — ﷺ — et pour lesquels aucune chaîne isolée, provenant de transmetteurs justes, ne nous est parvenue établissant qu’ils constituent une preuve péremptoire ôtant toute excuse à celui qu’ils atteignent, sont uniquement ceux dont la connaissance est largement répandue chez les savants des métropoles de l’Islam et dont la divergence est notoire, depuis l’ancien temps jusqu’à aujourd’hui. Quant aux questions au sujet desquelles le désaccord entre Compagnons et Tābiʿīn est ancien, manifeste et jamais réprouvé par la communauté, il ne fait aucun doute que leur jugement procédait, chez eux, de l’ijtihâd et de la déduction, non d’un texte explicite et déterminant.
Dans ce cas, il appartient donc aux gens de science d’exercer l’ijtihâd et de choisir, parmi leurs avis, celui qui se conforme le mieux au Livre d’Allah et à la Sunna de Son Messager — ﷺ —.
Il dit :
« Et s’il est objecté : “Cite donc quelques-uns de ceux qui ont soutenu cette opinion [59/a] parmi les Compagnons, les Tābiʿīn et d’autres imâms de la religion, afin qu’elle serve de preuve à quiconque ignore la divergence des Anciens et des savants postérieurs !” »
Il est répondu :
ʿAbd al-Ḥamīd al-Qanâd (3) nous a rapporté ; Isḥâq al-Azraq nous a rapporté, d’après Sharīk, d’après Ibrâhîm ibn Muhâjir, d’après Ṣafiyya (4) bint Shayba, d’après ʿÂʾisha, au sujet d’un homme qui dit :