Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Et bien qu’il subsiste (1) à ce propos une divergence (2) entre les anciens de la communauté, Compagnons et Tābiʿīn, ainsi qu’un désaccord, parmi les plus récents des savants du Ḥijâz, puisque certains exigent, lorsque l’auteur se parjure, l’expiation du serment, tandis que d’autres imposent qu’il s’en acquitte effectivement,

on a dit : Si tu étais assisté dans la compréhension de ce que nous exposons touchant la force probante, irréfutable et levée de tout prétexte, des prescriptions transmises du Messager d’Allah — ﷺ —, tu reconnaîtrais que notre méthodologie demeure unique et constante ; à savoir :

les jugements que nous déclarons obligatoires, parmi ce qui est rapporté de lui — ﷺ — et pour lesquels aucune chaîne isolée, provenant de transmetteurs justes, ne nous est parvenue établissant qu’ils constituent une preuve péremptoire ôtant toute excuse à celui qu’ils atteignent, sont uniquement ceux dont la connaissance est largement répandue chez les savants des métropoles de l’Islam et dont la divergence est notoire, depuis l’ancien temps jusqu’à aujourd’hui. Quant aux questions au sujet desquelles le désaccord entre Compagnons et Tābiʿīn est ancien, manifeste et jamais réprouvé par la communauté, il ne fait aucun doute que leur jugement procédait, chez eux, de l’ijtihâd et de la déduction, non d’un texte explicite et déterminant.

Dans ce cas, il appartient donc aux gens de science d’exercer l’ijtihâd et de choisir, parmi leurs avis, celui qui se conforme le mieux au Livre d’Allah et à la Sunna de Son Messager — ﷺ —.

Il dit :

« Et s’il est objecté : “Cite donc quelques-uns de ceux qui ont soutenu cette opinion [59/a] parmi les Compagnons, les Tābiʿīn et d’autres imâms de la religion, afin qu’elle serve de preuve à quiconque ignore la divergence des Anciens et des savants postérieurs !” »

Il est répondu :

ʿAbd al-Ḥamīd al-Qanâd (3) nous a rapporté ; Isḥâq al-Azraq nous a rapporté, d’après Sharīk, d’après Ibrâhîm ibn Muhâjir, d’après Ṣafiyya (4) bint Shayba, d’après ʿÂʾisha, au sujet d’un homme qui dit :

(1) Ajout d’un élément exigé par le contexte. (2) Le copiste a marqué le yāʾ d’un signe de gémation, sans que j’en connaisse la raison. (3) Voir : Maʿjam shuyūkh al-Ṭabarī (p. 302 et suiv.). (4) À l’origine : « Ḥabība » ; la forme correcte est celle que j’ai retenue, comme l’attestent les sources de takhrīj.
وإن كان [في] (١) ذلك اختلاف بَيْنَ (٢) متقدمي الأمة من الصحابة والتابعين، وتنازع بين متأخري أهل الحجاز بإيجاب بعضهم في ذلك إذا حنث صاحبه: كفارة يمين، وإيجاب بعضهم: الوفاء به. قيل: لو وُفِّقْتَ لفهم ما نقوله في صحة الحجة القاطعة للعذر فيما نُقِلَ من الشرائع عن الرسول - صلى الله عليه وسلم - لعلمتَ أَنَّا من مذهبنا على سَنَنٍ واحدٍ؛ وذلك: أَنَّ الذي نقضي عليه من الأحكام فيما نقل عنه - صلى الله عليه وسلم - مما لم يأت عنه بروايته الآحاد العدول أنه حجة قاطعة عُذْرَ مَنْ بلغته= ما كان مستفيضًا علمه في علماء أمصار الإسلام منتشر فيهم خلافه قديمًا وحديثًا؛ فأما ما كان الاختلاف فيه بين الصحابة والتابعين موجودًا مستفيضًا قديمًا من غير استنكار الأمة ذلك فيه بينهم، فلا شك أن الحكم فيه كان بينهم عن اجتهاد واستخراج لا عن توقيف، وإذا كان كذلك= كان لأهل العلم: الاجتهادُ وتَخَيُّرُ الأشبه من أقوالهم بكتاب الله وسنة رسوله - صلى الله عليه وسلم -). قال: (فَإِنْ قِيلَ: فاذكر بعض من قال هذا القول [٥٩/ أ] من الصحابة والتابعين وغيرهم من أئمة الدين ليجعله حجةً مَنْ كان باختلاف السلف وعلماء الخلف جاهلًا؟! قيل: حدثنا عبد الحميد القَنَاد (٣)، حدثنا إسحاق الأزرق، عن شريك، عن إبراهيم بن مهاجر، عن صفية (٤) بنت شيبة، عن عائشة في الرجل يقول:
(١) إضافة من يقتضيها السياق. (٢) وضع الناسخ فوق الياء علامة على كونها مشدَّدة، ولا أدري ما وجهه؟! (٣) انظر: معجم شيوخ الطبري (ص ٣٠٢ وما بعدها). (٤) في الأصل: (حبيبة)، والصواب ما أثبتُّ، كما في مصادر التخريج.

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