Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Et Muḥammad ibn Jarīr opte pour l’absence d’expiation lorsqu’on jure par un vœu. Il reconnaît toutefois que, dans le ḥadith de Laylâ bint al-ʿAjmāʾ, l’ensemble des Compagnons ont tous rendu fatwā en faveur de l’expiation ; aucun d’entre eux n’a statué sur sa déchéance. Le désaccord qu’il a établi à ce sujet ne repose que sur des traditions qu’il a rapportées des Tābiʿīn, ainsi que sur un récit transmis d’ʿĀʾisha, en signalant la divergence à son propos.

Muḥammad ibn Jarīr a dit (1) dans son ouvrage al-Laṭīf (2) :

« Les tenants de l’opinion selon laquelle l’affranchissement s’applique au serviteur de celui qui déclare : “Mon esclave est libre si, aujourd’hui, je parle à Untel”, lorsqu’il viole ainsi son serment, sont interrogés : dispensez-vous (3) alors l’intéressé de l’expiation ? »

Puis il poursuit :

« S’ils prétendent qu’il s’agit d’un consensus, on leur répond : vous n’avez aucune connaissance de la divergence des gens de science, car il a été rapporté d’Ibn ʿUmar, d’ʿĀʾisha, de Ḥafṣa, d’Umm Salama, de ʿAṭāʾ, de Ṭāwūs, d’al-Qāsim, de Sālim, et d’un groupe nombreux parmi les imams des Compagnons et des Tābiʿīn, que, dans ce cas, il incombe une expiation de serment. »

Et il ajoute :

« S’il est dit : il fait partie de ton propre principe que ce sur quoi la preuve est unanimement établie constitue une prescription religieuse qu’il n’est pas permis de contester ni de remettre en cause, or tu as abandonné ton principe en faisant tomber l’expiation pour celui qui a juré par la ṣadaqa de ses biens, le ḥajj, l’iʿtikāf ou toute œuvre pieuse analogue lorsqu’il vient à violer son serment, et tu as délaissé (4) l’obligation de s’acquitter de ce qu’il a (5) juré, alors que la majorité des juristes d’Irak et du Ḥijāz estiment que celui qui prête un tel serment doit s’en acquitter, »

(1) À l’origine : « قاله ». La lecture correcte est celle que j’ai établie. (2) Voir supra, p. 141. (3) À l’origine : « المسقطون ». La lecture correcte est celle retenue dans la Qāʿidat al-ʿUqūd, t. 2, p. 332. (4) À l’origine : « وتركك ». La lecture correcte est celle que j’ai établie. (5) À l’origine : « حلفت ». La lecture correcte est celle que j’ai établie.
ومحمد بن جرير يختار أنه لا كفارة في الحلف بالنذر، وهو مع هذا معترف بأن حديث ليلى بنت العجماء إنما أفتى فيه الصحابة كلهم بالكفارة، لم يفت أحد منهم بسقوط الكفارة، وإنما أثبت النزاع [٥٨/ ب] في ذلك بآثار ذكرها نقلها عن التابعين، وبأثرٍ نقله عن عائشة مع ذكر الاختلاف عنها. قال (١) محمد بن جرير في كتابه (اللطيف) (٢) : (ويسأل القائلون: إِنَّ العتق واقعٌ بمملوكِ القائلِ: مملوكُهُ حُرٌّ إن كلم اليوم فلانًا إذا حنث في يمينه؛ أَتُسْقِطُونَ (٣) عنه الكفارة؟). إلى أَنْ قال: (فإن ادعوا أَنَّ ذلك إجماع. قيل لهم: لا علم لكم باختلاف أهل العلم، وقد روي عن ابن عمر وعائشة وحفصة وأم سلمة وعطاء وطاووس والقاسم وسالم وجماعة يكثر عددهم من أئمة الصحابة والتابعين أَنَّ في ذلك كفارة يمين). إلى أَنْ قال: (إِنْ قيل: إِنَّ مِنْ أصلك أَنَّ ما كانت الحجة مُجْمِعَةٌ عليه: دينٌ لا يجوز خلافه، ولا يسع أحدًا الاعتراض فيه، وقد تركت أصلك في ذلك بإسقاط الكفارة عن الحالف بصدقة ماله والحج والاعتكاف وما أشبه ذلك من أعمال البر إذا حنث في حلفه بذلك، وتركت (٤) إلزامه بالوفاء بما حلف (٥) به، إذ كان الذي عليه عُظْمُ متفقهة العراق والحجاز أن على الحالف به الوفاء،
(١) في الأصل: (قاله)، والصواب ما أثبتُّ. (٢) انظر ما تقدم (ص ١٤١). (٣) في الأصل: (المسقطون)، والمثبت من قاعدة العقود (٢/ ٣٣٢). (٤) في الأصل: (وتركك)، ولعل الصواب ما أثبتُّ. (٥) في الأصل: (حلفت)، ولعل الصواب ما أثبتُّ.

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