Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

l’embarras et la peine qui en découlent pour nombre de personnes : parmi elles, certains se séparent de leur épouse tout en abhorrant cette séparation ; d’autres désirent leur épouse mais ne voient d’issue que dans le taḥlîl, si bien qu’ils y recourent malgré leur répugnance ; d’autres encore détestent à la fois la séparation et le taḥlîl, et demeurent donc avec leur épouse, estimant, selon leur conviction, que cela est pour eux moins pénible que de la répudier ou de se résoudre au taḥlîl (1).

Du point de vue d’Ibn Taymiyya, la question relève des sujets faisant l’objet d’une divergence (2). Il souligne qu’il s’est toujours trouvé, parmi les musulmans, des savants qui, depuis l’apparition même de ces serments jusqu’à nos jours, émettent des fatwas niant l’effectivité du divorce conditionnel (3). De telles questions ressortissent à l’ijtihâd : le mujtahid y obtient, selon les cas, une ou deux récompenses (4), et l’on peut licitement y formuler un avis juridique comme y rendre un jugement (5). Il rapporte même l’accord des quatre imams sur l’interdiction d’annuler la sentence de celui qui a statué sur la non-survenance du divorce (6) ;

(1) Voir ce qu’il mentionne à la p. 32. (2) Abu al-Walid al-Azdi, al-Mufīd lil-Ḥukkām, vol. 4, p. 98 : « On interrogea le juriste et juge Abū al-Fiḍl Ibn al-Naḥwī – qu’Allah lui fasse miséricorde – sur la question des serments obligatoires. Il répondit : “Cette question est controversée et incertaine, et c’est par miséricorde de Dieu envers la création que, pour les cas incertains ayant fait l’objet des avis des imams, Dieu – exalté soit-Il – n’a laissé personne commettre l’erreur ; soit la vérité se trouve dans l’une de ces positions, soit tous les mujtahids ont raison. Mais Dieu a réservé Sa décision et chargé les mujtahids d’examiner la question : celui qui atteint la vérité recevra deux récompenses – celle de l’effort (ijtihād) et celle de l’exactitude – tandis que celui qui se trompe recevra uniquement la récompense de l’effort, c’est-à-dire le déploiement de tous ses moyens pour traiter le cas nouveau.” » (3) Majmū‘ al-Fatāwā, vol. 33, p. 135. (4) Majmū‘ al-Fatāwā, vol. 33, pp. 148-149. (5) Majmū‘ al-Fatāwā, vol. 33, pp. 133, 135, 139, 148-149. (6) Majmū‘ al-Fatāwā, vol. 33, pp. 134-135.
الحرج والمشقة لكثيرٍ من الناس؛ فمنهم مَنْ يُفارق امرأته مع كراهته مفارقتها، ومنهم مَنْ يرغب في امرأته ولا يرى طريقًا إلا التحليل فيلجأ إليه مع كراهته له، ومنهم مَنْ يكره فراق امرأته ويكره التحليل فيقيم مع امرأته حسب اعتقاده أهونُ عليه من فراقها أو الوقوع في التحليل (١) . والمسألة في نظر ابن تيمية من المسائل الخلافية (٢) ، وأنه ما زال في المسلمين مَنْ يُفتي بعدم وقوع الطلاق المعلَّق من حين حَدَثَ الحلف بها وإلى هذه الأزمنة (٣) ، وأنَّ هذه المسائل من المسائل الاجتهادية؛ المجتهد فيها ما بين أجرٍ وأجرين (٤) ، كما أنَّ الفتيا والقضاء بها سائغ (٥) ، بل إنَّه ينقل اتفاق الأئمة الأربعة على عدم جواز نقضِ حكمِ مَنْ حَكَمَ بعدم الوقوع (٦) ؛
(١) انظر ما ذكره في (ص ٣٢). (٢) قال أبو الوليد الأزدي في المفيد للحكام (٤/ ٩٨): (وسئل الفقيه القاضي أبو الفضل ابن النحوي - رحمه الله - عن مسألة الأيمان اللازمة. فأجاب بأنْ قال: المسألة خلافية مظنونةٌ، ومن رحمة الله على الخَلْق أَنْ المسائل المظنونة التي أدركتها آراء الأئمة لم يَقِفِ الله ــ تعالى ــ على الخطأ فيها أحدًا؛ إما مصيرًا إلى أنَّ الحقَّ في واحدٍ، وإما مصيرًا إلى أنَّ كلَّ مجتهدٍ مصيب، ولكن استأثر الله بتعيينه تكليف المجتهدين للتحويم حولَهُ؛ فمن أصاب فله أجران: أجرُ الاجتهاد وأجرُ الإصابة، ومَنْ أخطأ فله أجر الاجتهاد، الذي هو استفراغ الوسع في طلب الحادثة). (٣) مجموع الفتاوى (٣٣/ ١٣٥). (٤) مجموع الفتاوى (٣٣/ ١٤٨ - ١٤٩). (٥) مجموع الفتاوى (٣٣/ ١٣٣، ١٣٥، ١٣٩، ١٤٨ - ١٤٩). (٦) مجموع الفتاوى (٣٣/ ١٣٤ - ١٣٥).

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