Le parjure rend obligatoire ce qu’il entraîne ; et, compte tenu de ces deux éventualités, il n’est pas permis de lui attribuer cette parole.
Quant à celui qui a ajouté l’explication – « c’est-à-dire : “Acquitte l’expiation de ton serment” » –, j’ignore lequel des rapporteurs il s’agit ; il semble bien qu’il s’agisse de l’auteur lui-même, car je n’ai trouvé cette locution dans aucune des chaînes de transmission du récit. Certains, d’ailleurs, ne font aucunement mention de l’expiation, et Ibn Ḥazm (1) a lui aussi rapporté la fatwâ de Zaynab et de Ḥafṣah en omettant toute allusion à l’expiation, s’appuyant sur ce point pour affirmer qu’aucune obligation – ni expiatoire ni autre – ne leur incombait. D’autres, au contraire, rapportent qu’elle ordonna l’expiation. Quant à la formule (2) « c’est-à-dire », je ne l’ai pas rencontrée (3). Nous rassemblerons, à la fin du chapitre [53/a], les diverses voies de cet athar, si Allâh – Exalté soit-Il – le veut (4).
Réponse : L’affirmation selon laquelle Ibn ʿUmar et Zaynab – qu’Allâh les agrée – n’auraient statué que sur la parole « elle est juive et chrétienne », à l’exclusion de l’affranchissement et de l’aumône, est l’une des plus manifestes faussetés ; elle contredit le consensus des gens au sujet de cette affaire. En effet, tous les savants qui ont rapporté l’histoire de Laylâ bint al-ʿAjamâʾ s’accordent à dire qu’ils lui ont émis une fatwâ au sujet du serment portant sur l’aumône et sur tout ce qu’elle avait mentionné ; nul n’a prétendu qu’ils se seraient limités à une partie de ses propos en délaissant le reste.
Et quiconque sait que le récit comporte la mention de l’affranchissement dit qu’ils lui rendirent leur avis au sujet du serment d’affranchissement ; personne n’a avancé que ses paroles contenaient des serments auxquels ils n’auraient pas répondu. Cette allégation s’oppose donc, sans l’ombre d’un doute, au consensus unanime des savants.
Aucun musulman n’est connu pour avoir interprété cette affaire de la manière qu’il a décrite, alors même que cet athar continue d’être transmis par les savants, anciens et contemporains, et qu’ils s’y réfèrent