Il relève de sa Sunna – sur laquelle il n’existe aucun doute – que les habitants de La Mecque ont accompli la prière sous sa direction, à ʿArafah, Muzdalifah et Minâ, en la combinant et en la raccourcissant (1). Ils continuèrent à agir ainsi durant les califats d’Abû Bakr et de ʿUmar – qu’Allah les agrée –, ainsi qu’au début de celui de ʿUthmân – qu’Allah l’agrée – tant qu’il raccourcissait lui-même la prière (2). Plus tard, lorsqu’il la compléta en vertu de l’ijtihâd qu’il avait adopté, les avis se diversifièrent, et diverses opinions – exposées ailleurs – virent le jour.
Les savants ont divergé sur le fondement de son ijtihâd : était-ce parce qu’il s’était établi à La Mecque par mariage ? Parce que certains Bédouins croyaient que la prière ne pouvait être accomplie qu’abrégée ? Parce qu’il considérait les deux modalités permises et en choisit donc une ? Ou bien, lorsque Minâ devint un lieu habité où le résident n’avait plus à porter provisions et outres, ʿUthmân – qu’Allah l’agrée – estima-t-il que celui qui y séjournait était assimilé à un résident ? C’est pour cette raison qu’il ne raccourcit pas la prière à ʿArafah et à Muzdalifah, malgré ce qui a été rapporté concernant son accomplissement complète [52/a].
Par ailleurs, ʿUthmân – qu’Allah l’agrée – ne raccourcissait pas la prière sur la route de Médine à La Mecque, et il ne faisait pas partie de ceux à qui il était permis de s’installer durablement à La Mecque. Chaque fois qu’il accomplissait une ʿumra, il faisait agenouiller sa monture, accomplissait son rite, puis repartait, car le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – n’a accordé au Muhâjir qu’une permission de trois jours pour demeurer à La Mecque après son rituel. Ce hadith est rapporté par les deux Imâms dans leurs Ṣaḥîḥs (3).