ʿUthmân – qu’Allah l’agrée – a déclaré : « Elle ne redevient licite que par un mariage de désir, non par un mariage de supercherie » (1).
On ne connaît aucun cas où l’un des califes ni aucun Compagnon aurait fait revenir une femme auprès de son premier mari au moyen d’un mariage de taḥlîl (2).
Relève du même ordre le fait d’ordonner aux deux conjoints de procéder au khulʿ alors que l’homme désire son épouse, qu’elle le désire également, et qu’aucun d’eux n’a la moindre intention de se séparer ; on leur prescrit néanmoins le khulʿ dans une telle situation, malgré la Parole d’Allah – Exalté soit-Il :
« Il ne vous est pas licite de reprendre quoi que ce soit de ce que vous leur avez donné, à moins que tous deux ne craignent de ne pas observer les limites d’Allah ; et si vous craignez qu’ils ne puissent observer les limites d’Allah, alors il ne leur sera fait aucun grief si elle se rachète par cela. »
(Al-Baqarah, 2 : 229).
Dans la même veine, on compte le « tour de divorce » qui assimile le mariage des musulmans au mariage des chrétiens et ne
(1) Rapporté par al-Bukhārī dans al-Tārīkh al-Kabīr (vol. 1, p. 152), par Ibn Ḥazm dans al-Muḥallā (p. 1763) et par al-Bayhaqī dans al-Sunan al-Kabīr (vol. 14, p. 405, n° 14309) sous la formule : « la tuʿīd ilayhi illā binikāḥin raghbatan ghayra dulsah ». Ibn Taymiyya l’attribue à Ibn Wahb (Bayān al-Dalīl, p. 402), tandis qu’Ibn al-Qayyim le rattache à Abū Isḥāq al-Jawzjānī dans son ouvrage al-Mutarjam (Ighāthat al-Lahfān, vol. 1, p. 272). Voir également : Takhrīj Aḥādīth al-Kashshāf (vol. 1, p. 149) ; al-Taḥjīl (p. 369). Le sens de cette parole a en outre été rapporté comme un ḥadīth marfūʿ, selon ce que rapporte aussi Ibn Taymiyya (Bayān al-Dalīl, p. 394 sqq.), qui en a longuement discuté.
(2) At-Tirmidhī observe, après le ḥadīth d’Ibn Masʿūd : « Et l’application de ce ḥadīth constitue la pratique des savants parmi les Compagnons — que Dieu les agrée — tels que ʿUmar b. al-Khaṭṭāb, ʿUthmān b. ʿAffān, ʿAbd Allāh b. ʿAmr, et d’autres. C’est également l’avis des fuqahāʾ de la génération des Tabiʿīn, et il est repris par Sufyān ath-Thawrī, Ibn al-Mubārak, ash-Shāfiʿī, Aḥmad et Isḥāq. »