et d’autres encore parmi les Compagnons — qu’Allah leur accorde Sa satisfaction — déclaraient : « J’avance ici mon opinion ; si elle est juste, elle provient d’Allah, et si elle est erronée, elle vient de moi et de Satan ; Allah et Son Messager s’en désavouent. » (1)
Quiconque médite ces prétendus consensus (2) qu’invoquent des personnes à la connaissance limitée du Livre, de la Sunna et des propos des Anciens comme des Postérieurs — a fortiori dans les fondements de la religion, et plus encore dans ses questions secondaires — constatera quantité de choses. Il ne s’étonnera donc plus, après cela, de les entendre revendiquer des consensus dont ils ignorent la réalité ; cela est en effet extrêmement fréquent chez eux et fait partie des innovations qui se sont répandues après l’extinction des générations d’élite. C’est pourquoi les imâms, tel Aḥmad ibn Ḥanbal — qu’Allah l’agrée — et d’autres, blâmaient ces innovateurs pour leurs prétentions sans science.
C’est dans ce sens qu’ash-Shâfiʿî — qu’Allah l’agrée — a dit (3) : « Ne sont véritablement des paroles innovées que celles qui contredisent le Livre, la Sunna, la voie des Compagnons du Messager d’Allah — صلى الله عليه وسلم — et de ses califes bien guidés ; ce sont des propos répréhensibles qui s’opposent au but même du Message et donnent prise aux ennemis de la communauté pour l’attaquer. » Relèvent notamment de ces paroles les avis qui émergèrent lorsque se répandit l’affirmation du caractère inéluctable et effectif du divorce là où Allah et Son Messager ne l’ont pas établi ; on inventa alors une innovation, telle que l’opinion selon laquelle une femme pourrait épouser un homme qui ne souhaite pas réellement l’épouser, mais seulement la rendre licite à son premier mari, alors qu’Allah et Son Messager ont maudit ce « muḥallil » et celui pour qui la licéité est recherchée. (4)