Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

et, dans les questions secondaires également, ils n’y adhèrent pas en se cramponnant au Livre et à la Sunna, mais sur la base de ce qu’eux-mêmes et leurs semblables estiment — à tort — relever tantôt du consensus (ijmâʿ), tantôt d’une simple opinion.

La plupart des gens de l’innovation contredisent le Livre et la Sunna en se réclamant d’un consensus allégué ou d’une rationalité supposée. C’est pour cela qu’Aḥmad a dit : « Quiconque prétend l’existence d’un consensus a menti ; telle est la revendication d’al-Aṣamm, d’al-Marīsī et d’Ibn ʿUlayyah. » Cet objecteur suit donc l’exemple de ces innovateurs et de leurs pareils, dans ce domaine comme dans d’autres, eux qui parlent de la religion sans science.

L’affirmation que cet objecteur et ses semblables répètent — à savoir que l’avis discuté serait une innovation — a déjà été réfutée par quelqu’un de plus savant qu’eux dans la Loi d’Allah Très-Haut, un savant qui prononçait la fatwā exigeant l’expiation (kaffâra) bien avant que le présent répondant ne s’exprime, voire avant même qu’il ne fût créé. Il avait coutume de dire à celui qui le contredisait :

« Ô imposteurs ! Pourquoi introduisez-vous dans l’islam ce qui n’en fait pas partie ? Où donc, dans la religion des musulmans, trouve-t-on un serment ferme auquel aucune expiation ne serait attachée ? » (1)

Et cela est la vérité : l’affirmation selon laquelle certains des serments fermes des musulmans ne nécessiteraient pas d’expiation est indubitablement une opinion innovée. Toutefois, beaucoup de savants empreints de science et de piété l’ont professée ; ils étaient des mujtahids auxquels une récompense est due pour leur effort, et leur erreur leur est pardonnée — à l’instar de toute opinion qui, en réalité, contredit ce qu’a apporté le Messager. En vérité, de tels propos constituent, d’un point de vue objectif, des innovations que ni Allah ni Son Messager — صلى الله عليه وسلم — n’ont légiférées ; mais celui qui les a tenus était un mujtahid visant la vérité selon ses capacités, convaincu qu’il s’agissait de la loi d’Allah : Allah l’a donc récompensé pour son ijtihâd et lui a pardonné sa parole, quand bien même elle serait, en elle-même, une innovation.

Quelle belle parole, enfin, que celle qu’avaient coutume de prononcer les Compagnons — رضي الله عنهم —, tels Abû Bakr et Ibn Masʿûd

(1) Cette histoire a déjà été mentionnée à la p. 132.
وفروعه بغير اعتصام بالكتاب والسنة، بل بما يظنه هو وأمثاله إما إجماعًا وإما رأيًا. وعامة أهل البدع يخالفون الكتاب والسنة بدعوى إجماع أو معقول؛ ولهذا قال أحمد: من ادعى الإجماع فقد كذب، هذه دعوى الأصم والمَرِيسي وابن عُلَيَّة. ولهذا المعترض أسوة بهؤلاء المبتدعين وأمثالهم في هذا وغيره الذين يتكلمون في الدين بلا علم. والقول الذي يقوله هذا المعترض وأمثاله من أن هذا قول مبتدع، قد قابلهم عليه من هو أعلم منهم بشرع الله ــ تعالى ــ في هذه المسألة ممن كان يفتي فيها بالكفارة قبل أن يتكلم فيها المجيب، بل وقبل أَنْ يُخْلَق، فكان يقول لمن ينازعه فيها: يا دجاجلة! لم تدخلون في الإسلام ما ليس منه؟! أين في دين المسلمين يمين منعقدة لا كفارة فيها؟! (١) . وهذا هو الحق؛ فإن القول بأن من أيمان المسلمين المنعقدة ما لا كفارة فيه هو قول مبتدع لا ريب فيه، لكن قد قاله كثير من أهل العلم والدين مجتهدون مثابون على اجتهادهم، وخطؤهم مغفور لهم؛ كسائر الأقوال المخالفة في نفس الأمر لِمَا جاء به الرسول، فإنها في الحقيقة مبتدعة لم يشرعها الله ورسوله - صلى الله عليه وسلم -، لكن القائل بها مجتهد قصد الحق بحسب استطاعته، واعتقد أن هذا هو شرع الله، فأثابه الله على اجتهاده، وغفر له قوله، ولو كان بدعة في نفس الأمر. وما أحسن ما كان الصحابة - رضي الله عنهم - يقولون كما قال أبو بكر وابن مسعود
(١) تقدمت الإشارة إلى هذه القصة في (ص ١٣٢).

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