et, dans les questions secondaires également, ils n’y adhèrent pas en se cramponnant au Livre et à la Sunna, mais sur la base de ce qu’eux-mêmes et leurs semblables estiment — à tort — relever tantôt du consensus (ijmâʿ), tantôt d’une simple opinion.
La plupart des gens de l’innovation contredisent le Livre et la Sunna en se réclamant d’un consensus allégué ou d’une rationalité supposée. C’est pour cela qu’Aḥmad a dit : « Quiconque prétend l’existence d’un consensus a menti ; telle est la revendication d’al-Aṣamm, d’al-Marīsī et d’Ibn ʿUlayyah. » Cet objecteur suit donc l’exemple de ces innovateurs et de leurs pareils, dans ce domaine comme dans d’autres, eux qui parlent de la religion sans science.
L’affirmation que cet objecteur et ses semblables répètent — à savoir que l’avis discuté serait une innovation — a déjà été réfutée par quelqu’un de plus savant qu’eux dans la Loi d’Allah Très-Haut, un savant qui prononçait la fatwā exigeant l’expiation (kaffâra) bien avant que le présent répondant ne s’exprime, voire avant même qu’il ne fût créé. Il avait coutume de dire à celui qui le contredisait :
« Ô imposteurs ! Pourquoi introduisez-vous dans l’islam ce qui n’en fait pas partie ? Où donc, dans la religion des musulmans, trouve-t-on un serment ferme auquel aucune expiation ne serait attachée ? » (1)
Et cela est la vérité : l’affirmation selon laquelle certains des serments fermes des musulmans ne nécessiteraient pas d’expiation est indubitablement une opinion innovée. Toutefois, beaucoup de savants empreints de science et de piété l’ont professée ; ils étaient des mujtahids auxquels une récompense est due pour leur effort, et leur erreur leur est pardonnée — à l’instar de toute opinion qui, en réalité, contredit ce qu’a apporté le Messager. En vérité, de tels propos constituent, d’un point de vue objectif, des innovations que ni Allah ni Son Messager — صلى الله عليه وسلم — n’ont légiférées ; mais celui qui les a tenus était un mujtahid visant la vérité selon ses capacités, convaincu qu’il s’agissait de la loi d’Allah : Allah l’a donc récompensé pour son ijtihâd et lui a pardonné sa parole, quand bien même elle serait, en elle-même, une innovation.
Quelle belle parole, enfin, que celle qu’avaient coutume de prononcer les Compagnons — رضي الله عنهم —, tels Abû Bakr et Ibn Masʿûd