Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Lorsqu’une des deux opinions l’emporte aux yeux du muftî, il ne lui est pas permis d’émettre une fatwâ conformément à celle qui ne prévaut pas pour lui, car le principe de départ est le maintien du lien matrimonial.
C’est pourquoi Aḥmad disait, au sujet du divorce prononcé par l’ivrogne : « Celui qui affirme qu’il prend effet a, par là même, rendu la femme illicite à son mari et licite à un tiers ; il a donc commis deux actes. Quant à celui qui ne la déclare pas illicite, il la laisse dans l’état où elle se trouvait, si bien qu’il n’en accomplit qu’un seul (1). »
Ainsi, la prudence pour le muftî consiste à ne point déclarer licite ou illicite sur la base d’un doute ; qu’il s’abstienne donc et prescrive, par précaution, l’expiation, compte tenu de la divergence rapportée quant à son caractère obligatoire. Avant même d’examiner les preuves détaillées – auxquelles s’ajoutent de nombreux éléments de pondération –, cet avis demeure le plus sûr des trois.
À plus forte raison, lorsqu’on ne trouve, dans les propos d’aucun savant, un argument fiable en faveur de l’effectivité du divorce – encore moins un argument prépondérant –, puisqu’ils ne disposent ni d’un texte du Livre, ni d’une Sunna, ni d’un récit des Compagnons, ni d’un qiyâs manifeste ; bien au contraire, le Livre, la Sunna et l’analogie claire attestent tous de la non-effectivité.
La controverse touchant la survenue du divorce est indéniable, tout comme celle relative à l’expiation ; notre propos est cependant d’exposer cette question étape par étape. Certains, en effet, avancent : « Je ne vois aucune divergence établie au sujet de l’expiation. » On leur répond : « Il ne fait aucun doute que cette divergence a bel et bien été rapportée – plusieurs l’ont mentionnée, dont Ibn Ḥazm –, et tu n’affirmes pas, de manière catégorique, que la communauté se soit unanimement accordée à nier l’expiation. Dès lors, si l’opinion…»

(1) Je ne l’ai pas trouvé dans l’édition imprimée des Masā’il de l’imam Aḥmad, mais Ghulām al-Khallāl le rapporte dans Zād al-Musāfir (t. 3, p. 291), et ʿIbn al-Qayyim dans plusieurs de ses ouvrages – notamment I‘lām al-Muwaqqi‘īn (t. 5, p. 454), Ighāthat al-Lahfān fī ḥukm ṭalāq al-ghaḍbān (p. 26) et Zād al-Ma‘ād (t. 5, pp. 191, 220) – qu’à l’imam Aḥmad, selon la transmission d’Abū Ṭālib, on attribue cette parole : « Par Celui qui n’ordonne pas le divorce, il n’a posé qu’une seule disposition, tandis que celui qui l’ordonne en a posé deux : il l’a interdite pour lui-même et l’a permise pour autrui ; cette dernière est meilleure que la première, et je récuse toutes les deux. » Dans certaines sources, on lit encore : « Et je m’en tiens à l’écart de toutes. »
عند المفتي أحد القولين لم يجز له أن يفتي بما لم يترجح عنده، والأصل بقاء النكاح؛ ولهذا كان أحمد يقول في طلاق السكران: إن من قال: إنه يقع؛ فقد حرمها على زوجها وأحلها لغيره، فقد فعل شيئين، ومن لم يحرمها أبقاها على ما هي [٤٩/ ب/ أ] عليه، فلم يفعل إلا شيئًا واحدًا (١) . فالاحتياط للمفتي إذا لم يحرم ويحلل بالشك، بل أمسك عن ذلك، وأمر بالكفارة للاحتياط بأدائها لِمَا نُقِلَ من الخلاف في وجوبها؛ فهذا أحوط الأقوال الثلاثة قبل أن ينظر في الأدلة المفصلة مع ما ينضم إلى ذلك من المرجحات الكثيرة؛ فكيف ولست تجد في كلام أحد من العلماء على الإيقاع دليلًا يُعتمد عليه فضلًا عن أن يكون راجحًا، بل ليس معهم كتاب ولا سنة ولا آثار عن الصحابة ولا قياس جلي؛ بل الكتاب والسنة والقياس الجلي يدل على عدم الوقوع. والنزاع في الوقوع ثابت بلا ريب وكذلك النزاع في الكفارة؛ ولكن المقصود أن ندرج الكلام في مقامات هذه المسألة درجة درجة؛ فإنَّ من الناس من يقول: لم يَثبت عندي النزاع في الكفارة، فيقال له: لا ريب أنه قد نقل النزاع في ذلك، كما نقله غير واحد منهم ابن حزم، وأنت لا تجزم جزمًا قاطعًا بأن الأمة اتفقت على نفي التكفير؛ وحينئذٍ فإذا ترجح عندك القول
(١) لم أجده في المطبوع من مسائل الإمام أحمد، ولكن نقل غلام الخلال في زاد المسافر (٣/ ٢٩١)، وابن القيم في مواضع من كتبه ــ كإعلام الموقعين (٥/ ٤٥٤)، وإغاثة اللهفان في حكم طلاق الغضبان (ص ٢٦)، وزاد المعاد (٥/ ١٩١، ٢٢٠) ــ عن الإمام أحمد أنه قال في رواية أبي طالب: (والذي لا يَأمر بالطلاق فإنما أتى خَصلة واحدة، والذي يأمر بالطلاق قد أتى خصلتين: حَرَّمَهَا عليه، وأحلَّها لغيره؛ فهذا خيرٌ من هذا، وأنا أنفي جميعها). وفي بعض المصادر: (وأنا أتقي جميعًا).

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