La question de la suspension du divorce, à l’instar de toute question de fiqh traitée par Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya, traversa plusieurs étapes au cours de sa vie – qu’Allah lui fasse miséricorde :
Première étape :
Au début de sa vie, il émettait des fatwâs selon lesquelles le divorce suspendu (ṭalâq muʿallaq) se réalise dès la survenance de la condition, conformément à l’avis de l’école dans laquelle il avait été formé auprès de ses maîtres et dans ses madrasas (1).
Deuxième étape :
Il examina la question en retraçant les narrations, en consultant les ouvrages de divergences, en vérifiant les consensus rapportés et en étudiant les preuves ainsi que les finalités de la Sharîʿa… Cette recherche le conduisit finalement à adopter l’avis qui distingue entre le divorce suspendu visant l’incitation ou la dissuasion et celui qui n’a pas ce dessein. Toutefois, il ne donnait pas encore de fatwâs selon cet avis et ne le rendait pas public ; peut-être souhaitait-il parachever sa réflexion, poursuivre son examen et en débattre avec les savants de son époque. Cet examen et cette méditation se prolongèrent vingt ans, jusqu’à ce qu’il commence à donner des fatwâs sur la question et à divulguer son opinion ! As-Subkî déclare dans « at-Taḥqîq » (26/A) : « Il m’est parvenu qu’il a consacré à cette question plus de vingt ans avant de la rendre publique (2). »
Troisième étape :
Il s’agit de la phase où il proclama son opinion sur la question, la rendit publique et émit des fatwâs en ce sens.