Quant à l’affirmation de cet objecteur selon laquelle il aurait parcouru les paroles des Compagnons et des Successeurs sans trouver quiconque ayant soutenu cet avis, il est, sur ce point précis, digne de foi : il ne fait qu’annoncer son ignorance. Il ne diffère en cela que d’Ibn ʿAbd al-Barr et de ses semblables, ni d’Ibn Ḥazm (1) et de ceux de son acabit ; de même, Abû Thawr, Muḥammad ibn Jarîr, Muḥammad ibn Naṣr et leurs pairs tiennent la même attitude dans de nombreuses questions où subsiste une controverse qu’ils n’ont pas connue, comme cela a été longuement exposé ailleurs.
Quant à son propos affirmant qu’il n’a trouvé, ni chez les Anciens ni chez les Modernes, personne ayant professé l’avis qu’Ibn Taymiyya aurait « inventé », il ne le tient que par ignorance et sur la base d’une conjecture infondée, dépourvue de toute portée face à la vérité. Ibn Taymiyya sait, de science certaine (2), qu’il n’a nullement innové cet avis ; bien au contraire, plusieurs — parmi les plus éminents des Anciens et des Modernes, et par Allah ils surpassaient leurs contemporains en mérite dans leurs époques et leurs contrées — l’ont devancé. Il sait en outre qu’il s’agit de la Loi d’Allah, exalté soit-Il, avec laquelle Il a envoyé Son Messager — que la prière et la paix soient sur lui et sur sa famille.
Ibn Taymiyya en est fermement convaincu et se livre à la mubâhala avec quiconque le souhaite ; mieux encore, il se livre à la mubâhala sur ce point même : que cet avis est celui avec lequel Allah, Puissant et Majestueux, a envoyé Son Messager. Qu’il se lève donc, lui et ses semblables, et qu’ils se livrent à la mubâhala pour soutenir que nul, parmi les Anciens ou les Modernes, n’a tenu cet avis et qu’il s’agit d’une erreur contraire à la Loi d’Allah et à Son Messager — paix et bénédictions sur lui.
Al-Awzâʿî et ath-Thawrî débattirent un jour de la question du relèvement des mains dans les trois occasions prescrites ; al-Awzâʿî argua en faveur de ce relèvement par le ḥadith rapporté par az-Zuhrî, d’après Sâlim, d’après Ibn ʿUmar.