Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Et tel est l’avis d’al-Shâfiʿî, d’Aḥmad ibn Ḥanbal, d’Isḥâq, d’Abû Thawr et d’Abû ʿUbayd. En effet, si quelqu’un prête serment en liant le divorce [ou l’affranchissement] (1), la Communauté s’accorde unanimement sur le fait qu’aucune expiation n’est requise dans le cas du divorce et que, s’il contrevient à son serment, le divorce devient effectif.

Les savants ont toutefois divergé au sujet de l’affranchissement. La majorité a estimé que divorce et affranchissement sont équivalents : aucune expiation n’est due pour l’affranchissement pas plus que pour le divorce, et l’affranchissement devient obligatoire pour celui qui l’a juré, au même titre que le divorce. Parmi ceux qui l’ont affirmé figurent : Mālik b. Anas, Sufyân al-Thawrî, [les jurisconsultes de l’école d’opinion] (2), al-Awzāʿî, al-Shâfiʿî, Aḥmad b. Ḥanbal, Abû ʿUbayd et Isḥâq.

Abû Thawr, quant à lui, soutient que celui qui a juré par l’affranchissement doit s’acquitter de l’expiation prescrite pour le serment et qu’aucun affranchissement ne lui incombe. En effet, Allâh a rendu obligatoire dans Son Livre l’expiation du serment pour quiconque prête serment, lorsqu’Il dit :

« Voilà l’expiation de vos serments lorsque vous aurez juré » (al-Mâʾidah 5 : 89), c’est-à-dire : puis que vous les avez enfreints.

Abû Thawr poursuit : tout serment prononcé puis transgressé impose, selon l’apparence du Verset, une expiation, à moins que la Communauté ne fasse consensus sur l’absence d’expiation dans un cas déterminé. Or ce consensus ne s’est formé que dans le divorce ; aussi avons-nous levé l’expiation pour celui qui jure par le divorce et avons-nous rendu effectif le divorce, en vertu de l’unanimité. Pour l’affranchissement, en revanche, nous avons maintenu l’obligation d’expiation, car la Communauté ne s’est pas accordée à dire qu’il n’en existe pas (3).

(1) Ajout extrait d’Ikhtilāf al-fuqahāʾ d’al-Murūzī. (2) Ajout extrait d’Ikhtilāf al-fuqahāʾ d’al-Murūzī. (3) Dans l’édition imprimée, la rédaction présente une légère variante, suivie de l’addition suivante : On rapporte d’après al-Anṣārī, d’après al-Ashʿath, d’après Bakr b. ʿAbd Allāh, d’après Abū Rāfiʿ que sa concubine jura de faire à pied le pèlerinage à la Maison de Dieu, que tout esclave placé sous son autorité serait affranchi, qu’elle instituerait un jour juif et un jour chrétien, et qu’elle aurait, pour la cause de Dieu, le pouvoir de séparer un homme de son épouse. Il ajouta : « J’ai interrogé Ibn ʿUmar, Ibn ʿAbbās, Abū Hurayra, ʿÂ’isha, Ḥafsa et Umm Salama (qu’Allah soit satisfait d’eux) ; tous m’ont dit : “Rétracte ton serment et remets-les ensemble.” » Elle s’y conforma. On rapporte de Ṭawūs et d’al-Ḥasan un avis similaire.
وهو قول الشافعي وأحمد بن حنبل وإسحاق وأبي ثور وأبي عبيد، فإن حلف بطلاق [أو عتاق] (١) فقد أجمعت الأمة على أَنَّ الطلاق لا كفارة فيه، وأنه إِنْ حنث في يمينه فالطلاق لازم له. واختلفوا في العتق؛ فقال أكثرهم: الطلاق والعتاق سواء، لا كفارة في العتاق كما لا كفارة في الطلاق، وهو لازم للحالف به كلزوم الطلاق، وممن قال ذلك: مالك بن أنس وسفيان الثوري [وأصحاب الرأي] (٢) والأوزاعي والشافعي وأحمد بن حنبل وأبو عبيد وإسحاق. وقال أبو ثور: من حلف بالعتق فعليه كفارة يمين ولا عتق عليه؛ وذلك أن الله أوجب في كتابه كفارة اليمين على كل حالف، فقال تعالى: {ذَلِكَ كَفَّارَةُ أَيْمَانِكُمْ إِذَا حَلَفْتُمْ} [المائدة: ٨٩] يعني: فحنثتم. قال أبو ثور: وكل يمين حلف بها الإنسان فحنث فعليه الكفارة على ظاهر الكتاب إلا أن تجتمع الأمة على أنه لا كفارة عليه في شيءٍ ما، ولم يجتمعوا على ذلك إلا في الطلاق، فأسقطنا عن الحالف بالطلاق الكفارة وألزمناه الطلاق للإجماع، وجعلنا في العتق الكفارة لأنَّ الأُمَّةَ لم تجتمع على أن لا كفارة فيه (٣) .
(١) إضافة من (اختلاف الفقهاء) للمروزي. (٢) إضافة من (اختلاف الفقهاء) للمروزي. (٣) العبارة في المطبوع فيها اختلاف يسير، وبعدها الزيادة التالية: (ورووا عن الأنصاري، عن الأشعث، عن بكر بن عبد الله، عن أبي رافع أنَّ مولاته حَلَفَت بالمشي إلى بيت الله، وكل مملوك لها حر، وهي يومٌ يهودية ويومٌ نصرانية، وكل شيءٍ لها في سبيل الله أَنْ تُفَرِّقَ بينه وبين امرأته. قال: فسألتُ ابن عمر وابن عباس وأبا هريرة وعائشة وحفصةَ وأم سلمة - رضي الله عنهم - فكلهم يقولون لها: كفِّري عن يمينك، وخلِّي بينهما. ففعلت. ويروى عن طاووس والحسن مثل قولِهِ).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies