son fils – une fatwâ qui leur était parvenue d’Ibn ʿAbbâs ?! Abû Ḥanîfa la suit, tout en reconnaissant qu’elle contrevient à l’analogie (1), et Mâlik l’adopte également : tantôt il rend obligatoire l’offrande d’une bête sacrificielle, tantôt l’expiation d’un serment (2). Tout cela est rapporté d’Ibn ʿAbbâs, et ni l’un ni l’autre ne l’étend aux autres vœux portant sur un acte de désobéissance.
Aḥmad ibn Ḥanbal, lui aussi, s’est aligné sur Ibn ʿAbbâs et a retenu ses deux avis ; en effet, il est authentiquement établi qu’Ibn ʿAbbâs a donné, dans ce cas, une fatwâ prescrivant l’expiation d’un serment, et il est authentiquement établi qu’il en a donné une prescrivant l’offrande d’un sacrifice. De même, Aḥmad ibn Ḥanbal a parfois édicté l’expiation d’un serment et parfois l’offrande d’un sacrifice, exactement comme l’avait fait Ibn ʿAbbâs (3).
[48/a] Pourtant, certains pensent qu’Ibn ʿAbbâs s’est contredit sur ce point, comme ils le supposent également d’Aḥmad ibn Ḥanbal. C’est pourquoi ses disciples ont rapporté de lui plusieurs versions :
– une version selon laquelle il est obligatoire d’offrir un sacrifice ; c’est le choix de la majorité d’entre eux, tels que le qâḍî Abû Yaʿlâ et la plupart de ses condisciples ;
– une version selon laquelle l’expiation d’un serment est obligatoire, car il s’agit d’un péché ; et, pour lui, l’expiation d’un vœu d’illicite est l’expiation du serment ; c’est l’option retenue par Abû al-Khaṭṭâb et Abû Muḥammad ;
– une troisième version qui combine les deux ;
– et une quatrième version selon laquelle rien n’est dû, conformément à l’avis d’al-Shâfiʿî.
L’opinion correcte qu’Aḥmad ibn Ḥanbal délivrait en fatwâ – et qui correspond en réalité à la parole d’Ibn ʿAbbâs – est que, si quelqu’un fait vœu de sacrifier son fils pour se rapprocher d’Allâh – exalté soit-Il –, un bélier lui suffit, car il tient lieu de la personne, tout comme Allâh a racheté « l’immolé » par un bélier. Et s’il le formule sous forme de serment en disant : « Si je fais telle chose, il me sera obligatoire… »