Le shaykh Badr ad-Dîn al-ʿAynî, de rite ḥanafite, déclare dans son panégyrique du « Radd al-Wâfir » (p. 288) :
« La recherche qu’il a menée au sujet des deux questions de la visite [des tombes] et du divorce n’est rien d’autre qu’un ijtihâd licite, reconnu à l’unanimité ; le mujtahid, dans l’un comme dans l’autre cas, est gratifié et récompensé, et l’on n’y trouve rien qui mérite blâme ou réprobation… »
Nuʿmân al-Âlûsî rapporte dans « Jalâʾ al-ʿAynayn » (p. 30), d’après son père – l’auteur du Tafsîr « Rûḥ al-Maʿânî » – qu’il mentionna, au cours de son voyage intitulé « Nuzhat al-Albâb », à celui qui lui faisait remarquer qu’Ibn Taymiyya s’était écarté, sur certaines questions de fiqh, de l’avis des quatre imâms :
« L’argument qu’il avance dans ces divergences paraît, extérieurement, solide ; il a même, pour une partie de celles-ci, des prédécesseurs, comme le sait quiconque a parcouru les écoles et les a étudiées. »
Il ajouta qu’un des shaykhs de son père avait lu une biographie d’Ibn Taymiyya et s’était exclamé : « As-Subkî l’a blâmé. » Il lui répondit alors :
« Combien de grands, sous le blâme d’un pair, ont pleuré ;
Hélas ! tant de nos contemporains, de leurs mains injustes, pressent le cœur meurtré. »
[La position d’Ibn Taymiyya concernant la suspension du divorce]
Ibn Taymiyya vécut et grandit dans une famille ḥanbalite ; il étudia auprès des grands jurisconsultes ḥanbalites, parmi les siens et d’autres encore, puis enseigna dans les madrasas ḥanbalites, exposant les questions selon l’école de son enfance. Par la suite, il gravit les degrés du savoir au point de donner des fatwâs fondées sur les preuves qui lui apparaissaient, sans s’attacher à une école déterminée (1), tout en possédant une connaissance complète des quatre madhhabs, et même des positions des Salaf et de ce qui fut introduit après eux par les Khalaf (2).