Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Au contraire, il l’a considéré comme un istihsân — hors du champ du qiyâs — dépourvu de tout fondement rationnel ; il n’a mentionné aucune signification propre au divorce qui le distinguerait de l’affranchissement, mais s’est contenté de ce qu’il pensait être un consensus. Dès lors, quiconque, après ces savants, prétend établir une différence substantielle appuyée sur le Livre, la Sunna et l’analogie, introduit dans l’Islam une parole novatrice à laquelle nul ne l’a précédé ; on ne rapporte semblable propos d’aucun savant, absolument ; que dire s’il reconnaît lui-même la corruption de la distinction ?!

Énoncer une telle parole ne […] (1) la communauté des Compagnons et des Successeurs, et les déclarer fautifs, alors que rien, dans leurs propos, n’indique la moindre différenciation ; bien au contraire, ils prônent l’égalité et l’association de ce qu’Allâh — عز وجل — et Son Messager ﷺ ont uni. Or Allâh — تعالى — prend la défense de Ses alliés, qui sont l’élite et la quintessence de cette Umma ; Il met la vérité en évidence, Il projette la vérité contre le faux, lequel se trouve alors anéanti. C’est Lui qui a envoyé Son Messager (2) avec la guidée et la religion de vérité afin de la faire prévaloir sur toute autre religion ; et Allâh suffit comme témoin.

Il est notoire que les disciples des imâms — tels que Mâlik, ash-Shâfiʿî, Aḥmad, Abû Ḥanîfa, ath-Thawrî et Isḥâq — n’agréent pas cela pour leurs maîtres ; bien au contraire, lorsque l’un d’eux a formulé un texte sur une question pour une cause déterminée puis statué différemment sur un cas analogue, si l’on suppose qu’il existe entre les deux une distinction efficiente, leurs iǧtihâd se divisent : certains optent pour l’égalisation, [et rapportent] (3) de l’imâm deux avis sur la question ; ils défendent, dans l’un d’eux, une position contraire à son texte explicite et l’adoptent comme étant son opinion, dès lors que la logique de son raisonnement l’exige. D’autres estiment que cette distinction est fondée ; ils différencient donc entre les deux cas et plaident pour la validité de la distinction. Quant à rapporter d’un imâm une différenciation tout en reconnaissant l’invalidité de ladite différenciation

(1) Le mot est effacé ; seuls l’alif et le nūn (-an) apparaissent. (2) Au texte primitif : « رسله », mais la lecture correcte est celle que j’ai établie. (3) Mot illisible ; il s’agit sans doute de la restitution que j’ai proposée.
بل جعله استحسانًا خارجًا عن القياس لغير معنًى أصلًا، ولا ذكر معنى اختص به الطلاق يفرق بينه وبين العتق، بل لظنه الإجماع؛ فمن ادعى بعد هؤلاء فرقًا معنويًا يدل عليه كتاب وسنة وقياس = فهو المبتدع قولًا في الإسلام لم يَسْبِقهُ إليه أحد، ولا يُحكى هذا عن أحد من العلماء البتة؛ فكيف إن اعترف بفساد الفرق؟! وقول هذا لا [ ... ] (١) الأمة من الصحابة والتابعين وجعلهم مخطئين مع أنه ليس في كلامهم ما يدل على الفرق، بل على التسوية والجمع بين ما جمع الله ــ عز وجل ــ ورسوله - صلى الله عليه وسلم - بينهما؛ فالله ــ تعالى ــ ينتصر لأوليائه الذين هم صفوة الأمة وخلاصتها، ويُبيِّن الحق، ويقذف بالحق على الباطل فيدمغه فإذا هو زاهق، وهو الذي أرسل رسوله (٢) بالهدى ودين الحق ليظهره على الدين كله، وكفى بالله شهيدًا. ومعلومٌ أَنَّ أصحاب الأئمة كمالك والشافعي وأحمد وأبي حنيفة والثوري وإسحاق لا يرضون لأئمتهم بهذا، بل إذا نَصَّ أحدهم على مسألةٍ لعلةٍ وَنَصَّ على نظيرها بخلاف ذلك، فإنه إنْ كان بينهما ما قد يُظَنُّ أنه فَرْقٌ مؤثِّر اختلف اجتهادهم؛ فمنهم من يرى التسوية [فيحكي] (٣) لذلك الإمام في المسألة قولين، وينصر في أحدهما خلاف نصه، ويجعله قوله [٤٧/ ب] حيث كان مقتضى تعليله، ومنهم من يرى أَنَّ ذلك فَرْقٌ صحيحٌ فيفرِّقُ بينهما وينتصر لصحة الفرق، وأما أَنْ يَنقل عن إمامه الفرق مع اعترافه بفساد الفرق
(١) كلمة مطموسة لم يظهر منها إلا حرف الألف والنون (ـان). (٢) في الأصل: (رسله)، والصواب ما أثبتُّ. (٣) كلمة لم أستطع قراءتها، ولعلها ما أثبتُّ.

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