n’avaient donc nullement l’intention ni de prononcer l’acte ni de le voir se réaliser lorsque la condition viendrait à se produire ; bien au contraire, ils s’en trouvaient parmi les plus éloignés. Ils affirmaient également qu’à plus forte raison le ẓihâr, l’interdiction (taḥrîm) et le divorce qu’il a subordonnés à la réalisation de la condition ne lui incombent pas lorsqu’il n’a visé par là qu’un serment.
En vérité, le Législateur est encore moins porté à lier quelqu’un par le divorce qu’à lier par l’affranchissement ; or l’affranchissement est ordonné et vivement recommandé, tandis que le divorce n’est prescrit que lorsque les époux ne s’acquittent plus du devoir qui leur incombe. Mieux : il est, par consensus des musulmans, interdit dans certaines situations ; dans d’autres, il est tout au plus réprouvé ou, à défaut d’être recommandé, son abandon est aimé.
Quant à cet objecteur – et à ceux qui lui ressemblent –, il prête aux Compagnons – qu’Allâh les agrée – des propos qu’ils n’ont jamais tenus, prétendant qu’ils distinguaient entre divorce et affranchissement. Il soutient qu’ils se sont trompés en tenant pareille opinion et pareille distinction, leur attribuant des paroles dont l’invalidité est manifeste. Ils ne les ont jamais prononcées, ni rien qui y mène ; aucun propos de ce genre n’a été transmis d’eux, ni par chaîne authentique ni même faible. Au contraire, les paroles établies qu’on rapporte d’eux montrent qu’ils assimilent les deux cas et prescrivent l’expiation pour l’un comme pour l’autre.
Si telle est bien leur position, nul ne peut prétendre qu’ils se seraient contredits ou qu’ils se seraient trompés ; ce qu’ils ont dit concorde avec le Livre, la Sunnah et l’analogie évidente.
Lequel des deux groupes mérite donc le plus d’être dans le vrai ? Celui qui comprend les dires des Compagnons et de leurs Successeurs, qu’Allâh les agrée, selon la teneur de leurs mots, leur argumentation et l’ensemble de leurs discours – propos justes, droits, conformes à la raison, aux textes du Livre et de la Sunnah et à l’analogie manifeste –, ou celui qui impose à leurs paroles ce qu’ils n’ont jamais exprimé, ni verbalement ni en substance, et dont leurs paroles indiquent même le contraire ?
Puis, après leur avoir ainsi prêté de tels propos, il ajoute qu’ils se sont trompés et ont failli. Qu’on considère donc quelle voie est la plus digne d’exactitude, de science, de véracité, de justice et de conformité aux droits qu’Allâh – exalté soit-Il – a rendus obligatoires.