Chapitre
L’objecteur a dit :
« Quand bien même la divergence sur la question de l’affranchissement serait avérée, il ne s’ensuivrait pas qu’il faille l’étendre au ṭalāq, en raison du consensus déjà établi et de la distinction que nous exposerons – si Allah, Très-Haut, le veut.
De plus, pour fonder son propos sur les Compagnons qu’il a cités au sujet de l’affranchissement, il s’appuie sur l’athar qu’il rapporte ; or, fût-il authentique, il ne lui servirait de rien à cause de la distinction que nous exposerons – si Allah le veut – ainsi qu’en raison du consensus relatif au ṭalāq, qui interdit toute assimilation.
Je t’ai déjà informé, plus haut, que j’ai passé en revue les paroles des Compagnons, des Successeurs et des imâms après eux jusqu’à notre époque : je n’ai trouvé personne, ni parmi les anciens ni parmi les modernes, qui ait professé cette opinion qu’Ibn Taymiyya a innovée ! »(1)
Il a dit encore :
« Si la divergence à propos de l’affranchissement était authentique, il ne s’ensuivrait pas qu’on doive l’étendre au ṭalāq, du fait du consensus. »
Nous répondons à cela par deux arguments.
Premier argument : le répondant n’a pas évoqué la controverse relative au ṭalāq en la déduisant de celle portant sur l’affranchissement ; le ṭalāq fait, en lui-même, l’objet d’une divergence explicite entre les Anciens (salaf) et les postérieurs (khalaf). Nous n’avons donc nul besoin, pour établir la divergence concernant le ṭalāq, de la tirer de celle qui concerne l’affranchissement. Nulle part le répondant n’a affirmé que la controverse sur le ṭalāq aurait été mentionnée en raison de celle sur l’affranchissement ; s’il a rappelé la controverse sur l’affranchissement, c’est seulement parce qu’aucun des Anciens ni aucun des imâms réputés n’a fait de distinction entre le ṭalāq et l’affranchissement : tous déclarent qu’ils deviennent tous deux obligatoires. Dès lors, une fois reconnue la divergence notoire des Compagnons et des Successeurs