Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Naṣr et Ibn ʿAbd al-Barr l’ont également rapporté. Nous avons déjà cité la chaîne de transmission authentique qui remonte à al-Ḥasan, et Ḥammād b. Salamah l’a relatée dans son « Jāmiʿ » bien connu, d’après Ḥabīb b. aš-Šahīd : celui-ci interrogea al-Ḥasan al-Baṣrī au sujet d’un homme ayant dit : « Tout esclave qu’il possède est affranchi s’il entre chez son frère. » Al-Ḥasan répondit : « Il devra expier son serment (kaffârah). » Ibn ʿAbd al-Barr a rapporté ce même propos.

Quant à ce qu’on lui attribue (1) au sujet de la parole adressée à son esclave : « Si je te vends, tu es libre », — et selon laquelle l’esclave serait affranchi aux frais du vendeur —, aucune chaîne de transmission n’en est fournie. Il faut toutefois savoir que la version que nous avons mentionnée est explicite : quand l’intention est celle d’un serment, l’intéressé s’acquitte de l’expiation et aucun affranchissement (ʿitq) ne lui incombe. En effet, la formule « Tout esclave qu’il possède est libre s’il fait telle chose » n’est, dans l’usage, employée qu’à titre de serment ; elle indique donc clairement un serment. Il n’en est pas de même de l’expression : « Si je te vends, tu es libre », où l’intention de serment n’apparaît pas avec la même évidence. Il se peut donc qu’al-Ḥasan n’ait pas saisi ici l’intention de jurer et qu’il ait compris la phrase comme un simple conditionnement de l’affranchissement, appliquant par conséquent la règle qui en découle, comme il l’a fait pour ce qui a été rapporté de lui à propos du ṭalāq.

Il arrive ainsi qu’une formulation susceptible d’exprimer l’intention de serment, d’affranchissement ou de divorce (ṭalāq) soit interprétée par lui dans ce sens précis, et qu’il n’accepte pas du locuteur une prétention contraire — contrairement aux cas où l’intention de serment ressort manifestement.

En effet, la parole : « Si je te vends, tu es libre » peut signifier : « Chaque fois que je voudrais te faire sortir de ma propriété par la vente, tu es libre », c’est-à-dire qu’il entend t’affranchir ; d’où la décision d’affranchissement aux frais du vendeur. Il ne vise assurément pas : « Si je te cède par une vente qui te retire de mon patrimoine », car aucun esprit raisonnable ne l’entendrait ainsi — ce serait conjuguer deux contraires. Son intention est plutôt : « Si je me résous à te vendre et que je conclue ta vente, alors la vente est nulle et tu es libre pour l’amour d’Allâh. » Quiconque s’exprime ainsi voit l’affranchissement s’accomplir.

(1) C’est-à-dire : al-Muʿtarid, p. 133.
نصر، وابن عبد البر، وقد ذكرنا الإسناد الثابت عن الحسن، وقد رواه حماد بن سلمة في (جامعه) المعروف عن حبيب بن الشهيد أنه سأل الحسن البصري عن رجل قال: (كل مملوك له حر إِنْ دخل على أخيه. فقال: يكفر يمينه) . وكذلك نقله ابن عبد البر. وأما ما نقله (١) عنه من قوله لعبده: (إِنْ بعتك فأنت حر؛ أنه يعتق من مال البائع) ، فهذا لم يذكر إسناده؛ ومع هذا فينبغي أَنْ يُعرف أَنَّ ما ذكرناه صريح عنه بأنه إذا قصد اليمين كفر يمينه ولا يلزمه العتق، لأن هذه الصيغة وهو قول: كل مملوك له حر إن فعل كذا؛ لا يقصد به في العادة إلا اليمين، فالصيغة ظاهرة في اليمين، بخلاف قوله: إن بعتك فأنت حر؛ فإنه لا يظهر فيها قصد اليمين كما يظهر في تلك، فقد يكون الحسن لم يتبين له أَنَّ هذا قَصَدَ اليمين، بل رآه تعليقًا للعتق فرتَّب عليه موجبه، وكذلك ما نقل عنه في الطلاق. وقد تكون الصيغة التي تحتمل قصد اليمين وقصد العتق والطلاق يحملها على ذلك، ولا يقبل من القائل خلاف ذلك بخلاف ما يظهر منه قصد اليمين؛ وذلك أَنَّ قولَهُ: إن بعتك فأنت حُرٌّ؛ قد يقصد به: أَيَّ وقت قصدتُ إخراجَكَ من ملكي بالبيع فأنت حر يقصد إعتاقه، ولهذا جعله يَعتق من مال البائع، فإنه ليس مراده: إذا بعتك بيعًا يخرج به عن ملكي؛ فإنَّ هذا لا يقصده عاقل، فإنه جَمْعٌ بين المتناقضين، بل يكون مراده: إذا قصدتُ أَنْ أبيعك وعقدتُ بيعك، فالبيع باطل وأنت حُرٌّ لوجه الله؛ ومن أراد هذا عَتَقَ
(١) أي: المعترض في صفحة (١٣٣).

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