On rapporte d’elle, avec une formulation où elle fait exception du divorce et de l’affranchissement — d’après ce qui nous est parvenu —, mais nul ne l’a transmis d’elle avec une chaîne authentique.
Dès lors, comment serait-il permis de rejeter les dires des Compagnons — qu’Allâh les agrée —, ou ceux des Compagnons et des Successeurs au sujet de l’affranchissement, alors qu’un si grand nombre d’entre eux les ont rapportés, eu égard à la noblesse de leur rang, à l’étendue de leur science et au soin qu’ils apportaient à la transmission, et qu’ils les relatent avec les chaînes établies et reconnues des Compagnons et des Successeurs ; puis, après cela, prétendre qu’il y a consensus concernant le divorce ?!
Or certains de ces mêmes transmetteurs sont ceux qui ont rapporté l’avis relatif au divorce, tandis que d’autres parmi eux les ont contredits. Ils s’accordent à rapporter la divergence touchant l’affranchissement, mais divergent quant à l’existence d’un consensus sur le divorce. Ainsi, quand bien même nous ne connaîtrions pas de divergence avérée sur le divorce, notre réserve à proclamer un consensus dans ce domaine — du fait de leur désaccord — et notre mention de la controverse concernant l’affranchissement, qu’ils s’accordent à avoir transmise, seraient plus justifiées que d’affirmer péremptoirement un consensus sur le divorce alors que la divergence y est attestée, tout en niant la controverse sur l’affranchissement alors que sa transmission est établie, notoire et connue des juristes.
Quant au récit qu’Ibn al-Munḏir rapporte dans son ouvrage al-Ishrâf au sujet d’Abû Thawr, à propos de celui qui dit à son esclave : « Si je ne te frappe pas, tu es libre », tout en voulant le vendre ; à savoir que, s’il n’en fixe pas le terme, l’affranchissement ne prend pas effet, et sa parole : « Cela implique que, s’il lui fixe un terme, il prend effet », il convient de lui répondre ceci : Ibn al-Munḏir lui-même compte parmi ceux qui ont relaté la divergence, au sujet de l’affranchissement, entre les Compagnons et leurs Successeurs, ainsi que d’Abû Thawr en personne. Dans cette transmission, il rejoint les autres savants qui rapportent les propos des Anciens, qu’ils les mentionnent avec leurs chaînes et leurs formulations exactes ou qu’ils les relatent de manière mursal, avec le sens ou la lettre. Or l’opinion d’Abû Thawr au sujet de l’affranchissement est notoire et connue de l’ensemble des savants ; on ne peut donc pas se prévaloir de l’implication qu’Ibn