de sa part. Ce ḥadith — le récit de Laylâ bint al-ʿAjmāʾ — a été rapporté par Muḥammad b. ʿAbd Allāh al-Anṣārī, le juge de Baṣra, détenteur du célèbre fascicule (1), d’après Ashʿath b. ʿAbd al-Malik (2) al-Ḥamrānī, lui-même d’après Bakr b. ʿAbd Allāh al-Muzanī.
Or cette voie de transmission n’est pas parvenue à Aḥmad b. Ḥanbal, pas plus que la chaîne de Jisr b. al-Ḥasan rapportée de Bakr ; la seule qui lui soit parvenue est celle de Sulaymān al-Taymī, au sujet de laquelle il s’est exprimé.
Il est pourtant notoire que la science d’Abū Thawr concernant ce qu’il a rapporté avec sa chaîne reconnue — qu’il a suivie et qu’il a érigée en position juridique — est bien supérieure à la connaissance qu’il pouvait avoir de ce qu’il a nié, du fait de son ignorance de la divergence touchant l’expiation d’un serment par le divorce. Comment, dès lors, [41/ A/ A] (3) pourrait-on se fier au témoignage d’Abū Thawr qui affirme l’existence d’un consensus excluant toute expiation dans le cas du divorce, tout en récusant son rapport qui établit la divergence au sujet de l’affranchissement ? Cette dernière affirmation est, pour lui comme pour l’ensemble des savants, plus solidement établie, et il en est catégoriquement convaincu ; quant à la négation de la divergence, il déclare : « Je ne dispose, à ce propos, que de l’absence de connaissance d’un contradicteur. » Sa certitude dans l’affirmation est donc plus forte que sa certitude dans la négation, et la preuve qu’il avance pour étayer cette affirmation par voie de transmission est plus décisive que celle qu’il invoque pour sa négation.
Aḥmad b. Ḥanbal, pour sa part, n’a pas mis en cause la chaîne de transmission sur laquelle se sont appuyés Abū Thawr et d’autres pour attester la divergence en matière d’affranchissement ; leur critique, fondée sur l’argument qu’al-Taymī serait seul à la rapporter, relève de l’ijtihād des spécialistes de la transmission. En revanche, la contestation qu’Aḥmad oppose à la prétention de consensus avancée par Abū Thawr et consorts est patente, fameuse, et sa démonstration à cet égard est claire. Aḥmad, en effet, n’a revendiqué aucun consensus, ni dans cette question ni dans l’autre,