Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Il en va, en revanche, tout autrement du divorce suspendu à une condition lorsqu’on vise par là son effectivité (1), car il existe à ce sujet des récits (2) rapportés des Compagnons. Toutefois, du fait que l’on admette qu’il puisse être subordonné à une condition susceptible de se réaliser ou non, il ne s’ensuit nullement qu’il soit permis de l’assujettir à une condition qui, elle, se produira inéluctablement. Sur ce point, la controverse est fameuse ; en effet, un tel procédé revient à limiter le mariage dans le temps, ce qui le rapproche du nikâḥ al-mutʿah, à ceci près qu’il devient temporaire après avoir été conclu sans terme.

C’est pour cette raison que les propos d’Aḥmad divergent dans cette question : lorsque le divorce entraîne l’interdiction, comme dans le cas de la troisième répudiation, est-il ou non limité dans le temps ? Deux versions sont rapportées à cet égard. Quant au divorce révocable, aucune divergence n’est mentionnée chez lui : il est bel et bien borné dans le temps, parce que la femme répudiée de façon révocable demeure épouse et ne saurait donc ressembler au mariage de jouissance. Il a d’ailleurs été rapporté d’Ibn ʿAbbâs – qu’Allah soit satisfait de lui et de son père – qu’il autorisait la fixation d’un terme pour le divorce (3).

Or l’intention ici est la suivante : le fondement sur lequel cet objecteur s’appuie pour affirmer qu’il existe un consensus quant à l’effectivité du divorce dans les cas mentionnés – à savoir l’avis d’Abû Thawr et de ceux qui l’ont suivi – repose en réalité sur leurs témoignages, alors même que tous ont rapporté l’existence d’une divergence au sujet de l’affranchissement.

En effet, parmi ceux qui ont transmis, d’après les Compagnons et les Successeurs qu’ils citent, que celui qui prête serment en liant son serment à l’affranchissement et dit : « Si j’accomplis telle chose, alors tout esclave m’appartenant est libre », aucun de ses esclaves n’est affranchi lorsqu’il exécute l’acte ; il lui incombe plutôt l’expiation d’un serment. C’est ce qu’a rapporté, de la part de ces mêmes Compagnons et Successeurs, Abû Thawr ; il a adopté cette opinion et a bâti sur elle sa doctrine désormais bien attestée.

(1) Dans le texte : « al-iʿ » ; la lecture que j’ai retenue est « al-ṣawāb ». (2) Dans le texte : « āthār » ; la lecture que j’ai retenue est « al-ṣawāb ». (3) Rapporté par Ibn Abî Shayba (n° 18194).
وهذا بخلاف الطلاق المعلَّق بالصفة إذا قصد به الإيقاع (١) فإنَّ فيه آثارًا (٢) عن الصحابة، لكن لا يلزم من جواز تعليقه بالشرط الذي يمكن وجوده وعدمه جواز تعليقه بالشرط الذي يأتي لا محالة، بل في هذا نزاعًا مشهورًا، لأنَّ هذا يوجب أن يصير النكاح مؤقتًا بوقت، فهو يشبه نكاح المتعة لكنه صار مؤقتًا بعد أنْ كان مطلقًا. ولهذا اختلف كلام أحمد في ذلك إذا كان الطلاق يوجب تحريمًا كالطلقة الثالثة هل تتوقت أم لا تتوقت؟ على روايتين، وأما الرجعي فلم يختلف كلامه أنه يتوقت، لأن الرجعية زوجة فلا تصير مثل نكاح المتعة، وقد نقل عن ابن عباس - رضي الله عنهما - جواز توقيت الطلاق (٣) . والمقصود: أَنَّ هذا المعترض عمدته فيما ينقله من الإجماع على وقوع الطلاق على هؤلاء المذكورين أبي ثور ومن وافقه؛ وهؤلاء كلهم نقلوا النزاع في العتق؛ فممن نَقَلَ عمن نَقَلَ عنه من الصحابة والتابعين أن الحالف بالعتق إذا قال: إِنْ فعلت كذا فكل مملوك لي حر؛ أنه لا يعتق شيء من مماليكه إذا فعله بل تجزئه كفارة يمين = نقل هذا عمن سماه من الصحابة والتابعين: أبو ثور، وذهب إلى ما نقله من ذلك، وبنى عليه مذهبه المتواتر
(١) في الأصل: (الإع)؛ وما أثبتُّ هو الصواب. (٢) في الأصل: (آثار)؛ وما أثبتُّ هو الصواب. (٣) أخرجه ابن أبي شيبة (١٨١٩٤).

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