Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Tous ceux-là ont rapporté la divergence (1) au sujet de l’affranchissement et l’ont établie comme authentique, et, selon eux comme selon tout savant, cette divergence est plus solide et plus sûre (2) que la négation de toute divergence dans le divorce.

Comment donc quelqu’un qui sait ce qu’il dit peut-il se permettre d’arguer du témoignage de ces mêmes autorités pour affirmer un consensus dans le divorce, tout en refusant à autrui de se prévaloir de leur attestation de la divergence en matière d’affranchissement ? Alors même qu’il est plus aisé de connaître l’existence d’un désaccord que d’établir un consensus ; car la divergence se reconnaît par la simple parole de quelques savants, tandis que le consensus ne se démontre qu’après avoir pris connaissance de l’avis de tous ceux qui y auraient participé et s’être assuré qu’aucun savant ne s’y est opposé ; or, ce savoir, de l’avis unanime des gens doués de raison, est soit irréalisable, soit extrêmement ardu (3).

Nul homme sensé ne prétendra que la science des savants transmettant les propos des tenants du consensus et de la divergence, quant à l’absence de désaccord, soit plus forte ou plus facile à atteindre que leur science de l’existence même de la divergence ; au mieux, l’un d’entre eux ne fera que constater son ignorance d’un éventuel différend.

De même, Abû Thawr (4) — l’imam de ceux qui ont rapporté le consensus sur l’inexistence de kaffâra pour le serment impliquant le divorce — a explicitement déclaré que, par « consensus », il n’entendait rien d’autre que l’absence, à sa connaissance, de toute opposition. C’est ainsi qu’il convient d’interpréter les propos de savants tels que lui, connus pour leur équité, leur crainte d’Allah et leur parole droite.

Malgré cela, lorsque l’on rapportait de lui ou d’autres qu’ils revendiquaient un consensus dans de telles questions, l’imâm Aḥmad réprouvait quiconque avançait cette prétention. La critique d’Aḥmad visait implicitement Abû Thawr en particulier, surtout dans cette affaire précise, car Abû Thawr

(1) À l’origine : « وفي ». (2) À l’origine : « واحتج ». Il est probable que la forme que j’ai établie soit la plus correcte. (3) Voir ce qui suit (p. 611 ; pp. 692-693). (4) Le copiste a noté en marge : « حاشية : الثور : السيد ». Voir aussi : Mujmal al-Lugha, vol. 1, p. 165 ; Lisān al-ʿArab, vol. 4, p. 108.
وكل هؤلاء نقلوا النزاع في (١) العتق وأثبتوه وصححوه، وهو عندهم وعند كُلِّ [٤٠/ أ] عالم أثبتُ وأَصَحُّ (٢) من نفي النزاع في الطلاق. فكيف يسوغ لمن يدري ما يقول أن يحتج بنقل هؤلاء للإجماع في الطلاق ولا يُمَكِّنَ غيره أَنْ يحتج بنقلهم للنزاع في العتق؟! مع أَنَّ العلم بالنزاع أيسر من العلم بالإجماع؛ فإن النزاع يُعرف بقول بعض أهل العلم، وأما الإجماع فلا يعرف حتى يعرف أقوال أهل الإجماع وأنه لم ينازعهم أحد من العلماء، وهذا العلم باتفاق العقلاء إما متعذر وإما متعسر (٣) . لا يقول عاقلٌ أَنَّ علم العلماء الناقلين لأقوال أهل الإجماع والنزاع بعدم النزاع أقوى ولا أيسر من علمهم بالنزاع؛ فإنَّ ذلك غاية أحدهم فيه عدم العلم بالنزاع، وكذلك صَرَّح أبو ثور (٤) ــ إمام هؤلاء الذين نقلوا الإجماع على عدم التكفير في اليمين بالطلاق ــ، صَرَّحَ بأنَّ ما أذكره من الإجماع مرادي به عدم علمي بالنزاع، وعلى ذلك يجب أَنْ يُحْمَل كلام مثله وأمثاله من أهل العلم والعدل الذين يتقون الله ويقولون قولًا سديدًا. ومع هذا؛ فلمَّا كان يُحكى عنه وعن غيره أنه يَدَّعِي الإجماع في مثل هذه الأمور، أنكر الإمام أحمد على من يَدَّعِي هذا، وكان إنكار أحمد هذه الدعوى تتضمن الإنكار على أبي ثور خصوصًا لا سيما في مثل هذه المسألة، فإنَّ أبا ثور
(١) في الأصل: (وفي). (٢) في الأصل: (واحتج)، ولعل الصواب ما أثبتُّ. (٣) انظر ما سيأتي (ص ٦١١، ٦٩٢ - ٦٩٣). (٤) كتب الناسخ في الهامش: (حاشية: الثور: السيد). وانظر: مجمل اللغة (١/ ١٦٥)، لسان العرب (٤/ ١٠٨).

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