Tous ceux-là ont rapporté la divergence (1) au sujet de l’affranchissement et l’ont établie comme authentique, et, selon eux comme selon tout savant, cette divergence est plus solide et plus sûre (2) que la négation de toute divergence dans le divorce.
Comment donc quelqu’un qui sait ce qu’il dit peut-il se permettre d’arguer du témoignage de ces mêmes autorités pour affirmer un consensus dans le divorce, tout en refusant à autrui de se prévaloir de leur attestation de la divergence en matière d’affranchissement ? Alors même qu’il est plus aisé de connaître l’existence d’un désaccord que d’établir un consensus ; car la divergence se reconnaît par la simple parole de quelques savants, tandis que le consensus ne se démontre qu’après avoir pris connaissance de l’avis de tous ceux qui y auraient participé et s’être assuré qu’aucun savant ne s’y est opposé ; or, ce savoir, de l’avis unanime des gens doués de raison, est soit irréalisable, soit extrêmement ardu (3).
Nul homme sensé ne prétendra que la science des savants transmettant les propos des tenants du consensus et de la divergence, quant à l’absence de désaccord, soit plus forte ou plus facile à atteindre que leur science de l’existence même de la divergence ; au mieux, l’un d’entre eux ne fera que constater son ignorance d’un éventuel différend.
De même, Abû Thawr (4) — l’imam de ceux qui ont rapporté le consensus sur l’inexistence de kaffâra pour le serment impliquant le divorce — a explicitement déclaré que, par « consensus », il n’entendait rien d’autre que l’absence, à sa connaissance, de toute opposition. C’est ainsi qu’il convient d’interpréter les propos de savants tels que lui, connus pour leur équité, leur crainte d’Allah et leur parole droite.
Malgré cela, lorsque l’on rapportait de lui ou d’autres qu’ils revendiquaient un consensus dans de telles questions, l’imâm Aḥmad réprouvait quiconque avançait cette prétention. La critique d’Aḥmad visait implicitement Abû Thawr en particulier, surtout dans cette affaire précise, car Abû Thawr