Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Section
L’objectant dit :
(Le répondant – c’est-à-dire celui qui apporte la réplique – a déclaré : « Tel est le madhhab (1) d’Abû Thawr et d’autres juristes en matière d’affranchissement. Hammâd ibn Salama le rapporte également dans son Jâmi‘, d’après Habîb ibn al-Shahîd, lequel questionna al-Hasan al-Basrî au sujet d’un homme qui a dit : “Tout esclave qui m’appartient est libre s’il entre chez son frère.” Il répondit : “Il devra s’acquitter de l’expiation de son serment (2).” On rapporte la même chose d’Abû Hurayra, de ‘Â’isha et d’Umm Salama – qu’Allah les agrée (3).)

Je dis : Cette citation, tout comme la précédente, n’a de sens que si l’on admet l’existence d’une divergence dans la question de l’affranchissement. Or, il ne fait aucun doute que d’autres encore ont transmis ce même avis de leur part dans ce domaine. Ainsi, Ibn al-Mundhir rapporte d’Abû Thawr, dans l’Ishrâf (4), qu’au cas où quelqu’un dirait à son esclave : « Si je ne te frappe pas, tu es affranchi », tout en ayant l’intention de le vendre, l’affranchissement ne s’effectue que s’il précise un délai ; s’il ne fixe aucun terme, l’affranchissement n’a pas lieu. Cela implique donc que, s’il fixe un délai, l’affranchissement s’opère.

De même, on a rapporté d’al-Hasan que, si un homme dit à son esclave : « Si je te vends, tu es affranchi », l’esclave sera affranchi aux frais du vendeur (5) – c’est-à-dire dès qu’il le vend. Il s’agit là d’une affirmation explicite d’al-Hasan quant à la réalisation de l’affranchissement dans

(1) Dans al-Taḥqīq et dans la fatwa en question : « qawl ». (2) Je ne l’ai pas trouvé ; l’opposant l’a emprunté à une fatwa d’Ibn Taymiyya. Voir Majmūʿ al-Fatāwā (t. 33/188). Voir aussi infra, pp. 149-150. (3) Son développement et la discussion afférente seront exposés dans le discours du répondant à propos de l’histoire de Layla bint al-ʿAjmāʾ (pp. 201-209). (4) al-Ishrāf (t. 8/123). Voir aussi p. 148. (5) Rapporté par Ṣaḥnūn dans al-Mudawwana (t. 2/388) d’après Ibn Wahb, de Sahl b. Abī Ḥātim, de Qurra b. Khālid, qui rapporte qu’on demanda à al-Ḥasan al-Baṣrī au sujet d’un homme ayant dit à son mawlā : « Si je te vends, tu es libre » puis l’ayant vendu : il déclara qu’il était libre en ce qui concerne les biens du vendeur. Ibn Ḥazm note dans al-Muḥallā (p. 1421) : « Nous avons aussi rapporté cette affirmation d’Ibrāhīm al-Nakhaʿī et d’al-Ḥasan — ce qui constitue une contradiction de sa part. » Il est encore cité d’al-Ḥasan par Ibn al-Mundhir dans al-Ishrāf (t. 8/105) et al-Iqnāʿ (t. 2/601). Le répondant le mentionne dans plusieurs passages de sa réfutation (pp. 150, 735), signalant qu’il s’agit d’une transmission mursal, dépourvue de chaîne de transmission.
فصلٌ قال المعترض: (قال ــ يعني المجيب ــ: وهذا مذهب (١) أبي ثور وغيره من الفقهاء في العتق، وكذلك رواه حماد بن سلمة في جامعه عن حبيب بن الشهيد أنه سأل الحسن البصري عن رجل قال: كل مملوكٍ لي حر إن دخل على أخيه. قال: يكفر عن يمينه (٢) . وروي ذلك عن أبي هريرة وعائشة وأم سلمة - رضي الله عنهم - (٣) . قلت: هذا والذي قبله مقصودٌ به إنْ ثبتَ الخلاف في العتق، ولاشك أَنَّ غيره قد نقل ذلك ــ أيضًا ــ في العتق عنهم، على أَنَّ ابن المنذر نقل عن أبي ثور في الإشراف (٤) فيما إذا قال لعبده: إنْ لم أضربك فأنت حر، وأراد بيعه أنه إذا لم يجعل لذلك وقتًا لا يقع العتق عليه؛ وهذا يقتضي أنه إذا جعل له وقتًا يقع. وكذلك نُقِلَ عن الحسن فيما إذا قال لعبده: إن بعتك فأنت حر، أنه يعتق من مال البائع (٥) ــ يعني: إذا باعه ــ فهذا تصريحٌ من الحسن بوقوع العتق في
(١) في «التحقيق» والفتوى المعترض عليها: (قول). (٢) لم أجده، وقد نقله المعترِض من فتوى ابن تيمية. انظر: مجموع الفتاوى (٣٣/ ١٨٨). وانظر ما سيأتي (ص ١٤٩ - ١٥٠). (٣) سيأتي تفصيلها والكلام عليها في كلام المجيب عن قصة ليلى بنت العجماء (ص ٢٠١ - ٢٠٩). (٤) الإشراف (٨/ ١٢٣). وانظر: (ص ١٤٨). (٥) رواه سحنون في المدونة (٢/ ٣٨٨) عن ابن وهب، عن سهل بن أبي حاتم، عن قرة بن خالد قال: سئل الحسن البصري عن رجل قال لمملوكه: إنْ بعتُكَ فأنت حرٌّ؛ فباعَهُ. قال: هو حُرٌّ من مال البائع. وقال ابن حزم في المحلَّى (ص ١٤٢١): وقد رُوِّيْنَا هذا القول عن إبراهيم النخعي والحسن ــ أيضًا ــ وهذا تناقضٌ منه. وذكره عن الحسن: ابن المنذر في الإشراف (٨/ ١٠٥)، والإقناع (٢/ ٦٠١). وقد أشار له المجيب في مواضع من ردِّه هذا ــ كما في (ص ١٥٠، ٧٣٥) ــ مشيرًا إلى أنه نقلٌ مرسلٌ ليس له إسناد.

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