Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

obligatoire pour lui-même lorsqu’il se parjure, et il ne saurait s’en affranchir au moyen de la kaffâra. À cette opinion s’oppose celle de ceux qui soutiennent que ces serments n’entraînent absolument rien : ni l’obligation édictée, ni la kaffâra, ni quoi que ce soit d’autre.

Ainsi, certains déclarent : « L’avis des premiers prévaut sur celui des seconds », tandis que d’autres affirment : « Au contraire, c’est l’avis des seconds qui est le plus solide. »

Or la voie médiane qu’Allah – Très-Haut – a confiée à Son Messager – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – est la suivante : telle qu’elle a été révélée par Allah – glorifié soit-Il – dans Son Livre et transmise par Son Envoyé, elle magnifie Allah. Aucun serment, en aucune circonstance, n’impose aux musulmans quelque obligation ni ne leur interdit quoi que ce soit ; il ne les astreint à rien, ni à ce qu’ils se sont prescrit en cas de parjure, ni à autre chose. Tout serment visant à exalter une créature est un serment de shirk ; il ne revêt aucune sacralité et ne donne lieu à aucune kaffâra lorsque l’on jure ainsi. En revanche, le serment dont l’intention est de glorifier le Créateur – exalté soit-Il – requiert une kaffâra si le jurant vient à se parjurer. Il arrive alors qu’on lui ordonne de se parjurer quand cela constitue une obéissance envers Allah, qu’on le lui interdise lorsqu’il s’agit d’un péché, ou qu’on lui en laisse la faculté lorsque les deux issues sont permises. Dans chacune de ces trois situations, l’expiation est obligatoire dès qu’il y a parjure.

Des jurisconsultes dignes de confiance m’ont rapporté qu’un savant – qui émettait la fatwâ prescrivant la kaffâra dans le serment adossé au divorce – avait coutume de dire à celui qui le contredisait : « Ô untel ! Pourquoi introduisez-vous dans la religion de l’Islam ce qui n’en fait pas partie et resserrez-vous pour les musulmans l’aisance qu’Allah leur a accordée ? Où donc, dans la religion des musulmans, trouve-t-on un serment dont la conséquence incombe à son auteur sans qu’il comporte de kaffâra ? », ou des paroles de même teneur (1).

(1) Al-Mujīb reviendra sur ce récit (p. 176).
لازمًا له إذا حنث ولا يجزئه في رفع ذلك اللزوم الكفارة، فإنه يقابله من جعل هذه الأيمان لا توجب شيئًا من الأشياء، لا ما جعله لازمًا ولا الكفارة ولا غير ذلك، حتى إن من الناس من يقول: قول هؤلاء أرجح من قول أولئك، ومنهم مَنْ [٣٩/ أ] يقول: قول أولئك أرجح. والقول الوسط الذي بعث الله ــ تعالى ــ به رسوله - صلى الله عليه وسلم - هو: ما أنزل الله ــ سبحانه ــ في كتابه وجاء به رسوله المتضمنة للتعظيم لله، وهو أنه ليس من الأيمان قط يمين توجب على المسلمين شيئًا ولا تحرم على المسلمين شيئًا، ولا تُلْزِمُ بشيء لا مما ألزموه أنفسهم عند الحنث ولا غيره، بل ما كان مقصوده تعظيم المخلوقات فهو يمينُ شركٍ لا حرمة لها ولا كفارة فيها إذا حلف، وما كان المقصود به تعظيم الخالق ــ تعالى ــ فإنَّ فيه كفارة إذا حنث الحالف، ثم إنه يُؤمر بالحنث تارةً إذا كان فيه طاعة لله، وَيُنْهَى عنه أخرى إذا كان معصية، وَيُبَاح له تارة إذا كان كلا الأمرين مباح؛ والكفارة واجبة عليه بالحنث في الأنواع الثلاثة. وحدثني بعض الفقهاء الثقات عن بعض أهل العلم الذين كانوا يفتون بالكفارة في الحلف بالطلاق أنه كان يقول لمن ينازعه: يا كذا وكذا لم تُدْخِلُونَ في دين الإسلام ما ليس منه، وتُضَيِّقُون على المسلمين ما وسَّعَ الله عليهم؟! أين في دين المسلمين يمينٌ يَلزم صاحبها موجبها من غير أن يكون فيها كفارة؟! أو نحو هذا الكلام (١) . * * * *
(١) سيذكر المجيب هذه القصة مرةً أخرى في (ص ١٧٦).

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