Premièrement :
On dira qu’il est établi par le Livre, la Sunna et le consensus que, pour tout engagement issu des serments des musulmans, le fait de « s’y tenir » – si l’on entend par là qu’il faut nécessairement acquitter l’expiation en cas de parjure et qu’il incombe à l’intéressé de préserver son serment, soit en l’honorant, soit en le rompant – constitue une obligation fondée sur le texte révélè et sur l’unanimité.
En revanche, si l’on entend par fidélité aux engagements nés des serments qu’il devient impératif, du seul fait du serment, de rendre la chose définitivement contraignante, cela contredit la religion des musulmans. On dit toutefois que telle était la législation de ceux qui nous ont précédés ; de même, telle fut la pratique durant la Jâhiliyyah, et l’on persista ainsi aux débuts de l’Islam jusqu’à ce qu’Allah révélât aux musulmans la législation relative à l’expiation des serments et prescrivît aux croyants la dissolution de leurs serments. Il resta donc que l’obligation de respecter les contrats et conditions assortis d’un serment signifie que, s’il commet un parjure, il s’en acquitte par l’expiation. Ainsi, la législation musulmane veut que les serments des musulmans ne modifient en rien les prescriptions religieuses : ce qui était obligatoire avant le serment demeure obligatoire après, et ce qui était interdit avant le serment demeure interdit après. Le serment n’impose ni n’interdit aucun acte, et il ne rend pas obligatoire ce que le jurant s’est rendu obligatoire envers lui-même dès lors qu’il acquitte l’expiation ; bien plutôt, après avoir acquitté son expiation, il est dans la situation de celui qui n’a jamais prêté serment ni ne s’est astreint à quoi que ce soit. (1)
Quant à celui qui considère qu’un quelconque serment de musulmans fasse naître l’obligation contraignante de quelque chose et le regarde comme un serment non susceptible d’expiation, sa parole rejoint ce sur quoi l’on se tenait au premier temps, à l’époque de l’Ignorance, ainsi que ce qu’on a prétendu être la législation de ceux qui nous ont précédés. Or, ce n’est nullement la Loi qu’Allah – exalté soit-Il – a révélée dans le Coran, ni celle que le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – a instituée pour sa communauté et érigée en loi pour les musulmans ; bien au contraire, quiconque estime qu’un serment de musulman oblige le jurant à ce qu’il a