De même, soutenir que le musulman qui estime l’acquisition de biens illicite n’en est pas propriétaire relève de l’erreur ; les intéressés constituent au contraire une catégorie particulière à laquelle on applique ce qu’ont établi la Sunna et les jugements des califes bien guidés.
En effet, le Prophète — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — a dit :
« Quiconque embrasse l’Islam en possédant un bien, ce bien lui appartient. »
Ainsi, lorsque les mécréants se convertirent, il ne leur ordonna pas de restituer les biens musulmans qu’ils avaient entre les mains. Certains émigrés lui demandèrent de leur rendre les demeures qu’ils possédaient à La Mecque et dont les mécréants s’étaient emparés ; après la conquête de La Mecque, ils sollicitèrent encore leur restitution, mais il ne les leur rendit pas.
Il — paix et bénédictions sur lui — plaça ces biens sur le même plan que les vies versées pour la cause d’Allah ; or Allah a acheté aux croyants leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Dès lors, tout sang versé ou tout bien pris pour Allah, la récompense en revient aux croyants auprès d’Allah ; il n’existe pour cela aucune compensation ici-bas [37/a]. En revanche, ce qui leur a été pris sans contrepartie doit être restitué à son propriétaire, comme lorsque le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — reprit sa chamelle à la femme qui l’avait prise et avait fait vœu de l’immoler,
et il dit : « Quelle mauvaise… »