Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

et même une incursion dans les intentions, ainsi qu’en témoigne l’une de ses remarques après avoir cité des fatwâ d’Ibn ʿAbd al-Salâm qui contredisent ce qu’Ibn Taymiyya lui attribue :

« … Or, si tels sont ses propos, comment pourrait-on prétendre qu’il émettait une fatwâ déclarant que le divorce ne se réalise pas ?! Il n’est pas licite à un musulman – à plus forte raison à un juriste [ … qui se] (1) pose en imâm – de s’appuyer, dans la religion d’Allâh – Très-Haut –, sur de pareilles sornettes fallacieuses, ni de se contenter, pour rapporter les prescriptions juridiques (2), de tout ce qui lui parvient ; il suffit à l’homme pour être pécheur de répéter tout ce qu’il entend (3). C’est pourquoi l’on dit : « Ne saurait être imâm celui qui colporte tout ce qu’il entend. » Ibn Taymiyya n’ignore certes pas cette règle ; toutefois, lorsqu’il aperçut une question dont il s’éprit, il se passionna pour la défendre et multiplia les arguments – vrais ou faux – sur lesquels il pouvait s’appuyer, afin d’écouler cela auprès des faibles et de ceux qui manquent de discernement, jusqu’à ce qu’il s’enracine dans leurs esprits que cette question fait partie des sujets litigieux… » (4).

Cela montre l’ardeur extrême avec laquelle as-Subkî rejeta cette opinion imputée à Ibn Taymiyya. Il l’a d’ailleurs expliqué dans l’épître qu’il aurait adressée au Prophète – paix et salut sur lui – si tant est qu’elle soit authentique, où il déclare :
« … Puis il retourna en Shâm – c’est-à-dire Ibn Taymiyya –, et nous parvinrent alors ses propos sur le divorce : selon lui, celui qui suspend le divorce à l’intention d’un serment, puis manque à ce serment, ne voit pas le divorce s’appliquer. Je lui ai répondu à ce sujet… Mais, concernant le divorce et la visite (du Tombeau), je reste d’une intransigeance absolue… »

(1) Je l’ai ainsi lu. (2) Le copiste l’a répétée. (3) Abû Dâwûd rapporte dans ses Sunan (n° 4994) d’Abû Hurayra (qu’Allah soit satisfait de lui) en position mursal : « Il suffit à l’homme comme péché qu’il relate tout ce qu’il entend ». Il ajoute qu’Hafs n’a pas mentionné Abû Hurayra, et qu’il ne l’a rattaché qu’à ce cheikh, à savoir ʿAlî b. Ḥafs al-Madâ’înî. Muslim le rapporte également dans la préface de son Ṣaḥîḥ (n° 5) de la part de Ḥafs b. ʿÂṣim, en position mursal : « Il suffit à l’homme comme mensonge qu’il relate tout ce qu’il entend », puis transmet son isnâd par la voie de ʿAlî b. Ḥafs en mentionnant Abû Hurayra en position mursal. Ibn Ḥibbân l'a authentifié (n° 30). (4) Voir al-Taḥqīq fī masʾalat al-taʿlīq (11/A) ; voir également (26/A).
ودخولٍ في النيات من مثل ما قاله بعد نَقْلِهِ فتاوى لابن عبد السلام تُخالف ما نَسَبَهُ إليه ابن تيمية: ( ... فمن كان هذا كلامَهُ؛ كيف ينقلُ عنه أنه كان يُفتي بعدم وقوع الطلاق؟! ولا يَحلُّ لمسلمٍ ــ فضلًا عن فقيهٍ [ ... يُنَصِّبُ] (١) نفسه منصب الإمامة أَنْ يَعتمد في دين الله ــ تعالى ــ على مثل هذه التُّرهات الباطلة، ولا أنْ يَكتفي في نقلِ الأحكام الشرعية (٢) بكلِّ ما بلغه، فكفى بالمرء إثمًا أن يُحدِّث بكل ما سمع (٣) ؛ ولهذا يقال: لا يكونُ إمامًا مَنْ حَدَّثَ بكلِّ ما سمع، وليس ابن تيمية ممن يَخفى عليه مثل هذا، ولكنه لَمَّا رَأَى أمرًا شُغِفَ بِنُصْرَتِهِ والإكثار مما يَستند إليه من حقٍّ وباطلٍ؛ لِيَنْفُقَ ذلك عند الضَّعَفَةِ وَمَنْ لا تمييز له؛ حتى يقع في أنفسهم أنَّ هذه المسألة من مسائل الخلاف ... ) (٤) . وهذا يُشير إلى الحماس الشديد الذي بلغ بالسبكي في إنكار هذا القول على ابن تيمية، وقد بيَّنَه هو في رسالته التي أرسلها إلى النبي - صلى الله عليه وسلم - ــ إنْ صحَّت عنه ــ حيث قال فيها: ( ... ثم عاد إلى الشام ــ أي: ابن تيمية ــ، ثم بلغنا كلامه في الطلاق، وأنَّ مَنْ علَّق الطلاق على قصد اليمين ثم حنث لا يقع عليه طلاق، ورددت عليه في ذلك ... لكن الطلاق والزيارة أنا شديد
(١) هكذا قرأتها. (٢) كررها الناسخ. (٣) أخرج أبو داود في سننه (٤٩٩٤) عن أبي هريرة - رضي الله عنه - مرفوعًا: «كفى بالمرء إثمًا أنْ يُحدِّث بكلِّ ما سمع» وقال: ولم يذكر حفصٌ أبا هريرة. ثم قال: ولم يسنده إلا هذا الشيخ يعني علي بن حفص المدائني. وقد أخرج مسلم في مقدمة صحيحه (برقم ٥) عن حفص بن عاصم مرفوعًا «كفى بالمرء كذبًا أَنْ يُحدِّثَ بكلِّ ما سمع» ثم ساق إسناده من طريق علي بن حفص بذكر أبي هريرة مرفوعًا. وصححه ابن حبان (برقم ٣٠). (٤) التحقيق في مسألة التعليق (١١ / أ)، وانظر: (٢٦ / أ).

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