Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Lorsqu’une personne s’oblige envers Allâh à accomplir quelque chose puis manque à cet engagement, cela est plus grave que si elle s’était engagée par Allâh à faire une chose et ne l’avait pas réalisée ; en effet, la vénération d’Allâh qui demeure dans son cœur s’efface davantage lorsqu’elle s’est imposé un devoir envers Lui et ne l’exécute pas que lorsqu’elle jure par Lui un acte et n’en honore pas l’engagement.

Et si quelqu’un érige son engagement envers Allâh ou par Allâh en prétexte pour délaisser ce qui lui a été ordonné, il entre alors dans la portée de la Parole du Très-Haut :

« Et ne faites pas d’Allâh, par vos serments, un obstacle qui vous empêche d’œuvrer avec bienfaisance, de faire preuve de piété et de réconcilier les gens »
[Sourate al-Baqarah, 2 : 224],

ainsi que dans Sa Parole, glorifié soit-Il :

« Que ceux d’entre vous qui jouissent de faveur et d’aisance ne jurent pas de ne plus donner aux proches, aux pauvres et aux émigrés dans le sentier d’Allâh ; qu’ils pardonnent donc et qu’ils passent outre »
[Sourate an-Nûr, 24 : 22].

Le terme al-iʾtilâʾ, tout comme at-taʾallī et al-īlâʾ, désigne l’engagement (1), c’est-à-dire le serment et le fait de jurer.

C’est pourquoi la formule : « Il m’incombe, pour Allâh, que si Allâh me donne prise sur un tel, je le tuerai » est considérée comme un serment par la majorité des savants ; tel est l’avis d’Ahmad et d’Abû Ḥanîfa, et c’est également, selon les Khurâsâniens, la position attribuée à ach-Châfiʿî. Celui qui prononce de tels mots n’a pas l’intention, par cet engagement envers Allâh, de se rapprocher de Lui ; il veut seulement pousser son âme à agir, comme lorsqu’il dit : « Par Allâh, si je le peux, je le tuerai. »

Sa phrase : « Il m’incombe, pour Allâh, de le tuer » est plus emphatique que : « Par Allâh, je le tuerai » ; il s’agit là d’un serment, comme l’a déclaré ʿUqbah ibn ʿÂmir : « Le vœu est un serment » (2).

C’est également lui qui rapporte du Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — : « L’expiation… »

(1) Un mot que je n’ai pas pu déchiffrer, peut-être « ما أثبتُّ ». Voir : Majmūʿ al-fatāwā (33/51), Risālat al-ijtimāʿ wa-al-iftiqār (p. 80), Jāmiʿ al-masāʾil (1/373) ; et, dans al-Ākhir : « al-īlāʾ est le serment (yamīn), c’est le qasam et le ḥilf ». (2) Je ne l’ai pas trouvé en tant que hadith musnad ; al-Mujīb l’a mentionné ici et dans d’autres de ses ouvrages : parfois il l’estime marfūʿ, parfois il le considère mawqūf sur l’autorité d’ʿUqbah ; son disciple Ibn al-Qayyim a repris cette position dans plusieurs de ses écrits. Voir : Majmūʿ al-fatāwā (25/277 ; 35/258, 271), al-Fatāwā al-kubrā (4/129), al-Qawāʿid al-kulliyyah (p. 469, 491), Qāʿidat al-ʿuqūd (p. 154, 162)—qu’il attribue à al-Jawzjānī—, al-Ṣārim al-maslūl (2/42), Aḥkām ahl al-dhimmah (3/1387), Madārij al-sālikīn (1/353) ; Ibn Qudāmah en parle dans al-Mughni (13/626) en construction passive. Plus ancienne attestation attribuant ce terme à ʿUqbah : Masāʾil al-Imām Aḥmad pour son fils Ṣāliḥ (1/396) : « J’ai dit : “Celui qui a voué de jeûner le jour de l’ʿĪd al-Fiṭr et le jour de l’ʿĪd al-Aḍḥā, que doit-il faire et qu’est-ce qui lui est obligatoire ?” Il répondit : “Quant à Ibn ʿUmar, il a dit que Dieu a ordonné l’accomplissement du vœu et que le Messager ﷺ nous a interdit de jeûner ces deux jours. Quant à ʿUqbah b. ʿĀmir, il a dit : ‘Le vœu est ḥilfah. Il ne doit jeûner ni le jour du sacrifice ni le jour de la rupture du jeûne, il expie son serment et jeûne un autre jour.’”}. Ce propos a par ailleurs été rapporté en marfūʿ, conformément à l’interprétation d’al-Mujīb : l’imām Aḥmad l’a cité dans son Musnad (28/575), Abū Yaʿlā dans son Musnad (3/283) et al-Ṭabarānī dans al-Muʿjam al-kabīr (17/313) d’après ʿUqbah b. ʿĀmir : « إنما النذر يمين، وكفارتها كفارة يمين ». Abū Yaʿlā en a également donné deux chaînes (3/67-68) marfūʿ, sous la formule : « النذر حَلِفٌ، وكفارته كفارة يمين ».
شيئًا ولم يفِ بما التزمه له فهو أعظم من أن يلتزم به شيئًا ولا يفعل ما التزم به، فإنَّ التعظيم الذي في قلبه لله يزول إذا التزم له شيئًا ولم يفِ بما التزم له أعظم مما يزول إذا التزم به شيئًا ولم يفِ بما التزمه. وإذا جعل التزامه لله وبالله مانعًا مِنْ فِعْلِ ما أُمِرَ فقد دخل في قوله تعالى: {وَلَا تَجْعَلُوا اللَّهَ عُرْضَةً لِأَيْمَانِكُمْ أَنْ تَبَرُّوا وَتَتَّقُوا وَتُصْلِحُوا بَيْنَ النَّاسِ} [البقرة: ٢٢٤] ، وقوله عز وجل: {وَلَا يَأْتَلِ أُولُو الْفَضْلِ مِنْكُمْ وَالسَّعَةِ أَنْ يُؤْتُوا أُولِي الْقُرْبَى وَالْمَسَاكِينَ وَالْمُهَاجِرِينَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَلْيَعْفُوا وَلْيَصْفَحُوا} [النور: ٢٢] فالائتلاء والتألي والإيلاء هو الالتزام (١) وهي الحلف واليمين. ولهذا كان قوله: لله عليَّ إذا قَدَّرَنِي الله على فلان [٣٥/ ب] لأقتلنه؛ يمينًا عند جمهور العلماء، وهو مذهب أحمد وأبي حنيفة، وهذا الذي ذكره الخراسانيون مذهبًا للشافعي، وهو لم يقصد بما التزمه لله أن يتقرب به إليه، وإنما قصد أن يَحُضَّ نفسه عليه كما يقصد ذلك بقوله: والله إذا قدرت عليه لأقتلنه. وقوله: لله عليَّ لأقتلنه أبلغُ من قوله: بالله لأقتلنه؛ وهذا من اليمين، كما قال عقبة بن عامر: النذر حَلْفَةٌ (٢) . وهو الذي روى عن النبي - صلى الله عليه وسلم -: «كفارة
(١) كلمة لم أستطع قراءتها، ولعلها ما أثبتُّ. وانظر: مجموع الفتاوى (٣٣/ ٥١)، رسالة الاجتماع والافتراق (ص ٨٠)، جامع المسائل (١/ ٣٧٣)، وفي الأخير: والإيلاء هو اليمين، وهو القَسَمُ والحلف. (٢) لم أجده مسندًا، وقد ذكره المجيب هنا وفي غيره من تصانيفه، فمرةً يشير إلى أنه مرفوعٌ ومرة يذكر أنه موقوفٌ على عقبة؛ وتبعه على ذلك تلميذه ابن القيم في بعض مصنفاته. انظر: مجموع الفتاوى (٢٥/ ٢٧٧) (٣٥/ ٢٥٨، ٢٧١)، والفتاوى الكبرى (٤/ ١٢٩)، والقواعد الكلية (ص ٤٦٩، ٤٩١)، وقاعدة العقود (ص ١٥٤، ١٦٢) وعزاه إلى الجوزجاني، والصارم المسلول (٢/ ٤٢)، وأحكام أهل الذمة (٣/ ١٣٨٧)، ومدارج السالكين (١/ ٣٥٣)، وذكره ابن قدامة في المغني (١٣/ ٦٢٦) بصيغة التمريض. وأقدم من وقفت عليه ناسبًا هذا اللفظ لعقبة: ما ورد في مسائل الإمام أحمد لابنه صالح (١/ ٣٩٦): قلت: مَنْ نَذَرَ أَنْ يصومَ يوم الفطر ويوم الأضحى كيف يصنع؟ وما يجب عليه؟ قال: أما ابن عمر فقال: أمر الله بوفاء النذر ونهانا رسول الله - صلى الله عليه وسلم - عن صيام هذين اليومين. وأما عقبة بن عامر فقال: النذر حلفة. وقال: لا يصوم يوم النحر ولا يوم الفطر ويكفِّر يمينه ويصوم يومًا. وقد جاء عنه مرفوعًا بمعنى ما ذكره المجيب؛ فقد أخرج الإمام أحمد في مسنده (٢٨/ ٥٧٥)، وأبو يعلى في مسنده (٣/ ٢٨٣)، والطبراني في المعجم الكبير (١٧/ ٣١٣) عن عقبة بن عامر مرفوعًا: «إنما النذر يمين، وكفارتها كفارة يمين». وذكره أبو يعلى في الروايتين (٣/ ٦٧ - ٦٨) مرفوعًا بلفظ: (النذر حَلِفٌ، وكفارته كفارة يمين).

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