Il a dit : « Par Allah, si j’accomplis telle chose, j’affranchirai cet esclave »(1). S’il l’affranchit, il aura rempli son serment et ne sera pas parjure ; mais s’il ne l’affranchit pas, l’expiation devient obligatoire. Comprends bien cela, car c’est l’un des points les plus précieux de la recherche, et c’est à sa lumière que se comprend la parole du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – : « L’expiation du vœu est la même que l’expiation du serment »(2). Nous reviendrons sur cette question, si Allah le veut(3).
La réponse comporte plusieurs aspects.
Le premier : on dira que, s’il entend par là que, faute de réalisation de la condition, le serment ne se constitue jamais, il ne s’agit que d’une affirmation gratuite qui pose le point même du litige sans aucune preuve. En vérité, son propos revient à dire que, si la répudiation conditionnelle ne devenait pas obligatoire pour le jureur lorsqu’il l’emploie à la façon d’un serment, alors le serment ne se constituerait pas par ce moyen.
C’est comme s’il disait : « Si le vœu conditionnel, le ẓihâr conditionnel, l’interdiction conditionnelle, l’offrande sacrificielle (hady)(4) conditionnelle, la déclaration de mécréance conditionnelle, la dotation (waqf) conditionnelle ou le sacrifice rituel conditionnel, lorsqu’ils sont formulés à titre de serment, n’obligeaient pas, le serment ne se formerait pas ». Or cela est faux ; en effet, si quelqu’un suspend un vœu à une condition qu’il vise réellement, ce vœu devient obligatoire.
Ainsi, s’il dit : « Si Allah me guérit de cette maladie, alors le tiers de mes biens sera donné en aumône », ou : « Ce chameau est un hady », ou : « Cette brebis est une offrande sacrificielle », et autres formules analogues, cela est valable.
Et s’il ne visait qu’un serment et qu’il dise : « Si je voyage avec vous, le tiers de mes biens sera en aumône, ce chameau sera un hady ou cette brebis une offrande sacrificielle », l’expiation d’un serment lui suffira, selon la majorité des juristes comme selon l’auteur de l’objection.
S’il déclare : « Si je voyage avec vous, je me désavoue d’Allah et de Son Messager », il ne sera pas désavoué. Mais s’il dit : « Si vous me donnez mille (pièces), je me désavoue d’Allah et de Son Messager », il devient désavoué dès l’instant où il a prononcé ces paroles.