S’agissant du divorce suspendu, ils réunissent ce qu’Allah a distingué et distinguent ce qu’Allah a réuni ; ils ne possèdent donc aucun argument légal valable pour soutenir ce qu’ils avancent quant à la survenance du divorce suspendu — qu’il ait été voulu comme serment ou comme prononcé effectif — tout en interdisant l’effet d’autres dispositions conditionnelles, telles que les investitures, les procurations, les garanties, les mariages et autres jugements.
Ibn Taymiyyah, pour sa part, déclare : le divorce que l’on entend faire advenir à la réalisation de la condition devient obligatoire, tout comme devient obligatoire le vœu conditionnel, l’affranchissement conditionnel, la juʿâlah conditionnelle, le ẓihâr conditionnel, la déclaration d’interdiction conditionnelle, les investitures soumises à des conditions, ainsi que toutes les autres dispositions relevant de l’intitulé auquel les jugements sont attachés, tant dans la lettre que dans le sens. Il établit, en outre, une distinction entre la suspension qui tient lieu de serment et celle qui vise l’exécution de l’acte.
Il dit encore : de même que les termes « vœu » et « affranchissement » englobent aussi bien la forme immédiate que la forme conditionnelle, de même le terme « divorce » et les autres termes analogues ne diffèrent en rien, ni du point de vue de la langue, ni du point de vue de la Sharʿ, ni du point de vue de la raison.
Dès lors, puisque la parole du Prophète — que les prières et la paix soient sur lui — : « Quiconque fait vœu d’obéir à Allah, qu’il Lui obéisse » (1) englobe, par le texte même et par le consensus, le vœu absolu et le vœu conditionnel, et puisque sa parole : « Le walâ’ appartient à celui qui affranchit » (2) englobe, par consensus, l’affranchissement immédiat et l’affranchissement conditionnel, de la même manière, sa parole : « Le garant est débiteur » (3) englobe l’obligation immédiate