Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Pour beaucoup de savants, lorsque la personne n’exécute pas l’acte qu’elle a voué, elle doit s’acquitter de la kaffâra d’un serment. L’avis d’Aḥmad est en effet que, pour un vœu, il est indispensable soit d’accomplir ce qui a été promis, soit d’en accomplir l’équivalent, soit de s’en libérer par la kaffâra d’un serment. Tel est le sens des récits rapportés de nombre de Compagnons et de Successeurs, conformément à la parole du Prophète — paix et salut sur lui : « L’expiation d’un vœu est l’expiation d’un serment » (1).

Ainsi, quiconque admet la discussion concernant les formules conditionnelles employées avec l’intention de jurer, telles que : « Si je fais telle chose, il m’incombe le ḥajj ; tout mon bien est aumône ; chacun de mes esclaves est affranchi ; mon épouse m’est comme le dos de ma mère ; le licite m’est interdit ; je suis Juif ou Chrétien », se trouve devant plusieurs prises de position des savants.

• Certains affirment que, si l’acte visé se réalise, l’auteur devient divorcant, vouant, affranchissant, auteur de ẓihâr et de taḥrīm, sans toutefois tomber dans la mécréance ; tel est l’avis de Mālik — qu’Allah lui fasse miséricorde.

• D’autres disent : au contraire, il devient divorcant, affranchissant, auteur de ẓihâr et de taḥrīm, mais il n’est pas vouant ; il est plutôt jurant, et la kaffâra d’un serment lui suffit. De même, pour l’énoncé impliquant la mécréance, la kaffâra d’un serment suffit. C’est là l’opinion explicitement rapportée d’Aḥmad ; selon lui, une seule kaffâra suffit, avis qu’il fonde sur le ḥadith de Laylâ bint al-‘Ajmā’ (2), et la kaffâra, chez lui, ne concerne que le vœu.

• D’autres soutiennent qu’il est jurant dans tous les cas, à l’exception du divorce et de l’affranchissement.

• D’autres encore affirment qu’il est jurant dans tous les cas, sauf pour le divorce, auquel cas il devient divorcant.

• D’autres enfin considèrent qu’il est, en toute circonstance, simplement jurant (3).

Parmi les savants, certains ont considéré ces formules conditionnelles — ou la plupart d’entre elles — comme des serments à part entière et les ont assimilées au même genre que

(1) Rapporté par Muslim (n° 1645) d’après le hadith d’Uqba b. ʿĀmir – qu’Allah l’agrée –. (2) Le détail des diverses chaînes de transmission de cette tradition sera exposé plus loin par al-Mūjib (pp. 201-209). (3) À l’origine : « ḥālifun fī al-jamīʿ » ; le copiste a apposé les signes d’antériorité et de postériorité et a noté en marge la lecture établie.
كفارة يمين إذا لم يفعل المنذور عند كثير من العلماء؛ فمذهب أحمد أَنَّ المنذور لا بُدَّ فيه مِنْ فعلِهِ أو فعلِ بَدَلِهِ أو كفارة يمين، وهذا معنى ما نُقِلَ عن كثير من الصحابة والتابعين؛ كما قال النبي - صلى الله عليه وسلم -: «كفارة النذر كفارة يمين» (١) . فمن جَوَّزَ النزاع في التعليقات التي يُقصد بها اليمين كقوله: إِنْ فعلت كذا فعليَّ الحج ومالي صدقة وكل مملوك لي حر وامرأتي عليَّ كظهر أمي والحِلُّ عليَّ حرام وأنا يهودي ونصراني؛ فمن العلماء من يقول: إذا وجد الفعل كان مُطَلِّقًا وناذرًا ومعتقًا ومظاهرًا ومُحَرِّمًا ولكن ليس بكافر، وهذا قول مالك - رحمه الله -. ومنهم من يقول: بل يكون مُطَلِّقًا ومعتقًا ومظاهرًا ومُحَرِّمًا ولا يكون ناذرًا بل حالفًا يجزئه كفارة يمين، وكذلك في الكفر تجزئه كفارة يمين وهذا هو المنصوص عن أحمد، وتجزئه عنده كفارة واحدة، واتَّبَعَ في ذلك حديث ليلى بنت العجماء (٢) ، والكفارة عنده إنما هي في النذر. ومنهم من يقول: هو حالفٌ في الجميع إلا في الطلاق والعتاق. ومنهم من يقول: هو حالفٌ في الجميع إلا في الطلاق فإنه مُطَلِّق. ومنهم من يقول: بل هو في الجميع حالف (٣) . ومن العلماء مَنْ جعل هذه التعليقات أو أكثرها أيمانًا، ويجعلها من جنس
(١) أخرجه مسلم (١٦٤٥) من حديث عقبة بن عامر - رضي الله عنه -. (٢) سيأتي تفصيل روايات هذا الأثر في كلام المجيب فيما سيأتي (ص ٢٠١ - ٢٠٩). (٣) في الأصل: (حالفٌ في الجميع)، ووضع الناسخ علامة التقديم والتأخير، وكتب في الهامش ما هو مثبت.

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