Il est manifeste que ranger, parmi les preuves, la réponse à cette objection relève du propos de celui qui ne distingue pas entre l’argument décisif et la réplique à l’objection ; or il incombe au démonstrateur de présenter d’abord les preuves, puis de répondre à l’objection.
C’est pourquoi l’ensemble des questions qu’on lui adresse se ramène à deux catégories : l’opposition par refus et l’opposition par contre-argument. Soit on rejette les prémisses de sa démonstration, soit on avance ce qui établit leur contraire. L’on peut ainsi s’opposer tantôt aux preuves servant de fondement aux prémisses, tantôt au jugement qu’elles impliquent. Dans le premier cas, il répond aux refus, puis expose les arguments invoqués par l’adversaire et y réplique.
Or, l’adversaire, tout d’abord, s’est attelé à contester le répondant qui avait démontré que ces formules constituent un serment soumis à l’expiation ; puis il s’est installé lui-même dans la position du démonstrateur. Si, en effet, l’adversaire se limitait à nier une prémisse, il lui appartiendrait de justifier cette négation en établissant la règle litigieuse ; par exemple en disant : « La preuve de son invalidité est que sa validité entraînerait le jugement contesté, lequel est faux. » Ce serait s’approprier indûment la fonction de démonstration et l’on ne saurait l’accepter.
Que dire, alors, lorsqu’il se met à argumenter dès l’abord, tout en demeurant dans la position d’opposant, avant même d’attaquer les preuves du démonstrateur ; puis, lorsqu’il argumente contre la thèse du premier démonstrateur, il compte parmi ses « preuves » ce qu’il prétend être une réponse [25a] aux preuves du démonstrateur ? C’est là s’écarter des règles de la réflexion, de l’argumentation et du débat ordonné.
Le démonstrateur l’en a certes excusé et ne l’en a pas blâmé, son intention étant seulement d’examiner ce que l’autre avait avancé : y avait-il là une preuve valable pour annuler sa thèse, ou une réponse pertinente à son propre argument ? Or, malgré la confusion signalée, l’adversaire n’a produit ni preuve solide ni réplique recevable aux arguments du premier répondant.
Tel est, par exemple, son propos : « La plupart des preuves qu’Ibn Taymiyya invoque concernant le divorce reposent sur l’analogie qu’il établit avec l’affranchissement, et nous exposerons la différence. »