Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Il est manifeste que ranger, parmi les preuves, la réponse à cette objection relève du propos de celui qui ne distingue pas entre l’argument décisif et la réplique à l’objection ; or il incombe au démonstrateur de présenter d’abord les preuves, puis de répondre à l’objection.

C’est pourquoi l’ensemble des questions qu’on lui adresse se ramène à deux catégories : l’opposition par refus et l’opposition par contre-argument. Soit on rejette les prémisses de sa démonstration, soit on avance ce qui établit leur contraire. L’on peut ainsi s’opposer tantôt aux preuves servant de fondement aux prémisses, tantôt au jugement qu’elles impliquent. Dans le premier cas, il répond aux refus, puis expose les arguments invoqués par l’adversaire et y réplique.

Or, l’adversaire, tout d’abord, s’est attelé à contester le répondant qui avait démontré que ces formules constituent un serment soumis à l’expiation ; puis il s’est installé lui-même dans la position du démonstrateur. Si, en effet, l’adversaire se limitait à nier une prémisse, il lui appartiendrait de justifier cette négation en établissant la règle litigieuse ; par exemple en disant : « La preuve de son invalidité est que sa validité entraînerait le jugement contesté, lequel est faux. » Ce serait s’approprier indûment la fonction de démonstration et l’on ne saurait l’accepter.

Que dire, alors, lorsqu’il se met à argumenter dès l’abord, tout en demeurant dans la position d’opposant, avant même d’attaquer les preuves du démonstrateur ; puis, lorsqu’il argumente contre la thèse du premier démonstrateur, il compte parmi ses « preuves » ce qu’il prétend être une réponse [25a] aux preuves du démonstrateur ? C’est là s’écarter des règles de la réflexion, de l’argumentation et du débat ordonné.

Le démonstrateur l’en a certes excusé et ne l’en a pas blâmé, son intention étant seulement d’examiner ce que l’autre avait avancé : y avait-il là une preuve valable pour annuler sa thèse, ou une réponse pertinente à son propre argument ? Or, malgré la confusion signalée, l’adversaire n’a produit ni preuve solide ni réplique recevable aux arguments du premier répondant.

Tel est, par exemple, son propos : « La plupart des preuves qu’Ibn Taymiyya invoque concernant le divorce reposent sur l’analogie qu’il établit avec l’affranchissement, et nous exposerons la différence. »

(1) Dans le texte original : « وجعل », mais la lecture correcte est celle que j’ai établie.
ومعلوم أَنَّ ذكر الجواب عن هذه المعارضة من الأدلة كلامُ مَنْ لا يفرق بين الدليل وبين الجواب عن المعارضة، والمستدِلُّ عليه أَنْ يقيم الأدلة ثم يجيب عن المعارضة؛ ولهذا كان جنس الأسولَةِ الواردة عليه تنحصر في نوعين في الممانعة وفي المعارضات: إما أن يمنع مقدمات دليله، وإما أن يعارض بما يدل على نقيضها، ثم قد يعارض في أدلة المقدمات وقد يعارض في حكمها؛ ففي الأدلة يجيب عن الممانعات ثم يذكر ما استدل به المعارض ويجيب عنه، وهذا قد انتدب أولًا للاعتراض على المجيب المستدل على أن هذه يمين مكفرة، ثم نصب نفسه منصب المستدل، فإنَّ المعترض لو منع مقدمة استدل على صحة منعها بإثبات الحكم المتنازع فيه، مثلُ أَنْ يقول: الدليلُ على فسادها أنه يلزم من صحتها الحكم المتنازع فيه وهو باطل= لكان هذا غصبًا لمنصب الاستدلال وهو غير مقبول. فكيف إذا شرع يستدل ابتداء وهو في مقام الاعتراض قبل أن يعترض على أدلة المستدل، ثم لما استدل على نقيض قول المستدل الأول= جعل (١) من جملة أدلته ما زعم أنه جواب [٢٥/ أ] عن أدلة المستدل؛ وهذا خروج عن قانون النظر والاستدلال والمناظرة المستقيمة، ثم المستدل سامحه في ذلك كله ولم يؤاخذه إذ كان مقصوده الكلام على ما أبداه، هل فيه دليل صحيح على بطلانه أو جواب صحيح على دليل المجيب، فلم يكن منه ــ مع التخليط المذكور ــ لا دليل صحيح ولا جواب صحيح عن أدلة المستدل المجيب أولًا، وذلك مثل قوله هنا: (إِنَّ معظم ما استدل به ابن تيمية في الطلاق قياسه على العتق وسنذكر الفرق) .
(١) في الأصل: (وجعل)، والصواب ما أثبتُّ.

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