Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Et l’on a ainsi dit : « La dénomination “surriyya” (concubine) provient de “as-sirr”, qui signifie l’union charnelle ; “as-surrur” relève de la racine à consonne redoublée (muḍaʿʿaf), tandis que “as-suriyya” relève de la racine à consonne faible (muʿtall), comme l’a formulé Imruʾ al-Qays :

« Les jeunes gens du clan prétendent que j’ai vieilli (A)
Et qu’à des hommes tels que moi le secret n’est plus permis. (A) »

Lorsque Dieu ‑ Très-haut ‑ a légiféré pour les croyants la possibilité de délier leurs serments – ces serments qu’ils prononcent afin d’exhorter ou d’empêcher leur propre personne ou autrui – ils les scellent par Dieu et pour Dieu, en renfort de cette exhortation ou de cette interdiction. Quant aux engagements qu’ils concluent entre eux et autrui, ceux-là, même s’ils sont qualifiés de “serments”, Dieu n’en a pas prescrit la dissolution. Il en va de même des engagements qu’ils contractent envers Dieu en assumant ce qu’Il leur a imposé : ils demeurent obligatoires par ordre divin, sans que Dieu en ait institué la rupture.

Ainsi, tout contrat dont Dieu a ordonné l’exécution en soi – qu’il touche à Son droit ou au droit des serviteurs – n’a pas fait l’objet d’une prescription de dissolution. Si quelqu’un jure par Dieu de l’honorer puis manque à sa parole et trahit, l’expiation (kaffâra) s’ajoute à son péché ; toutefois, la faute de la trahison et de la perfidie subsiste sur lui.

On pourrait encore dire : n’est appelé “serment”, parmi les contrats, que celui qui comporte une prestation de serment par Dieu, quand bien même son exécution est déjà obligatoire ; même si le Nom divin n’y figure pas expressément mais que d’autres formules sont employées, telles que : « Il m’incombe le pacte et le pacte solennel de Dieu » ou : « Il m’incombe le pacte et le pacte solennel ». Les juristes divergent quant à la validité (inqiʿâd) de tels engagements.

(1) Dans la marge de l’original : (بسباب), au-dessus duquel se trouve la lettre « ظ », et précédé de la lettre « خ ». (2) Dīwān ʿImruʾ al-Qays (p. 28), où le vers se lit ainsi : أَلا زَعَمَتْ بَسْبَاسَةُ الْيَوْمِ أَنَّنِي … كَبِرْتُ وَأَنْ لا يُحْسِنَ الْلَهْوَ أَمْثَالِي Dans al-Gharīb al-Ḥadīth d’Abū ʿUbayd (t. 1, p. 238) et ailleurs, on trouve « السِّرَّ » au lieu de « اللهو ». (3) Dans l’original : (غيرها فلهذا) ; la lecture correcte, selon toute vraisemblance, est celle que j’ai retenue. (4) Dans l’original : (واجب) ; la lecture correcte, selon toute vraisemblance, est celle que j’ai retenue.
ومنه قيل: سُرِّيَّة مأخوذة من السِّرِّ وهو الجماع، والسرر من المضعَّف، والسرية من المعتل كما قال امرؤ القيس: ألا زعمت شباب (١) الحي أني ... كبرت وأن لا يحسن السِّرَّ أمثالي (٢) والله ــ تعالى ــ إذا شرع للمؤمنين تحلة أيمانهم ــ وهي الأيمان التي يعقدونها ليحض أحدهم نفسه أو غيره أو يمنعها ــ وعقدوها بالله ولله توكيدًا= كذلك الحض والمنع، وأما ما يكون من العقود بينهم وبين غيرهم؛ فهذا (٣) لم يفرض الله تحلته وإنْ سُمِّيَ يمينًا، وكذلك ما عقدوه لله بالتزام ما أوجبه عليهم، فهذا واجب بأمر الله ــ تعالى ــ لم يَفْرِض الله تحلته؛ فكل عقدٍ أمر الله بالوفاء به عينًا ــ إما لحقِّه وإما لحق العباد ــ فلم يفرض تحلته، وإِنْ حلف حالف بالله ليوفين فيه، وما وَفَى بل غدر كان عليه مع الإثم الكفارة، مع أنَّ إثم الغدر والنكث باقٍ عليه. ثم قد يقال: إنما سمي من العقود يمينًا ما يتضمن الحلف بالله وإن كان الوفاء به واجبًا (٤) وإن لم يُذكر فيه اسم الله بل ذكر فيه ألفاظ أخرى؛ كقوله: عليَّ عهد الله وميثاقه، أو عليَّ العهد والميثاق؛ والفقهاء متنازعون في انعقاد
(١) في هامش الأصل: (بسباب) وفوقها حرف (ظ) وقبله حرف (خ). (٢) ديوان امرئ القيس (ص ٢٨)، والبيت فيه هكذا: أَلا زَعَمَتْ بَسْبَاسَةُ اليومِ أنني ... كبرتُ وَأَنْ لا يُحْسِنَ اللهوَ أمثالي وفي غريب الحديث لأبي عبيد (١/ ٢٣٨) وغيره: «السِّرَّ» بدلًا عن «اللهو». (٣) في الأصل: (غيرها فلهذا)، ولعل الصواب ما أثبتُّ. (٤) في الأصل: (واجب)، والصواب ما أثبتُّ.

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