Puis il m’est apparu, à l’examen de son état, qu’il ne faisait pas partie de ceux auxquels on peut se fier lorsqu’ils rapportent seuls une information ; en effet, il se hâtait d’en transmettre le contenu selon sa propre compréhension, comme dans la présente question — celle du constituant d’un waqf qui déclare : « J’ai institué un waqf pour mes enfants, puis pour les enfants de mes enfants » —. On ne pouvait pas davantage se reposer sur une recherche qu’il initiait ; il y mêlait en effet l’objet visé à ce qui ne le concerne pas et dépassait grandement les limites. Certes, il possédait une mémoire très vaste, mais il n’avait pas été formé par un shaykh, ni acquis les sciences de manière méthodique ; il les saisissait seulement par la force de son intellect, avec audace, imagination débordante et beaucoup de tapage !
Il m’est ensuite parvenu, à propos de son état, ce qui impose de se détourner totalement de l’examen de ses propos. Les gens, de son vivant, furent éprouvés par la nécessité de le contredire, et il fut emprisonné — par l’accord unanime des musulmans et des détenteurs de l’autorité — pour cette raison ; puis il mourut. (1)
Inversement, Ibn Taymiyya parla d’as-Subkî en des termes fort sévères, allant jusqu’à le taxer d’ignorance et à l’accuser de détourner les paroles de leur sens… et autres griefs encore ; nous y reviendrons plus loin dans notre ouvrage.
Je ne suis pas, pour ma part, en position de juger entre Ibn Taymiyya et as-Subkî, car (Ibn Taymiyya) a désormais suivi sa voie, espérant d’Allâh une récompense — simple ou double —, et lui comme ses contradicteurs se disputeront, le Jour de la Résurrection, devant leur Seigneur. (2)
Position d’as-Subkî sur la question de la suspension du divorce
La fatwâ courante et répandue affirmait que le divorce conditionnel prenait effet, sans restriction, que l’auteur de la formulation ait voulu inciter ou interdire, ou qu’il n’ait eu aucune intention particulière, et qu’il eût ou non en aversion la réalisation du divorce.