— ce qui y était nié devient affirmé et ce qui y était affirmé devient nié —, tandis que ce qui, dans la tournure conditionnelle, figure en tête est relégué à la fin dans la tournure de serment, et ce qui y était relégué passe en tête.
Ainsi, si elle avait juré en employant la formule propre au serment, elle aurait dit : « L’affranchissement m’est obligatoire, la marche m’est obligatoire et l’aumône de mon bien m’est obligatoire, pour que je te sépare de ton épouse » ; de même que celui qui prête serment déclare : « Le divorce m’incombe ; je vous séparerai, toi et ta femme. »
S’il disait encore : « Ces choses m’incombent si je ne fais pas cela », la condition deviendrait alors affirmative, et l’on se trouverait toujours devant une formulation conditionnelle.
En vérité, dans la proposition conditionnelle, il arrive que la condition soit tantôt avancée, tantôt retardée ; cependant, l’ordre originel veut qu’elle apparaisse en tête, car elle occupe l’ouverture du discours et sa réponse suit, étant la cause du résultat, et la cause précède l’effet.
Les grammairiens ont divergé au sujet de son report, comme dans la parole du Très-Haut :
« Vous entrerez certes dans la Mosquée sacrée, si Allah le veut, en sécurité. » [al-Fatḥ : 27],
ou dans la formulation de celui qui jure : « Par Allah, je ferai assurément telle chose, si Allah le veut »,
et Sa parole :
« Placez donc votre confiance en Allah, si vous êtes croyants. » [al-Māʾida : 23],
et autres passages semblables.
Sībawayh et ses disciples estiment que la réponse à cette condition est sous-entendue, ce qui précède en tenant lieu. Ils affirment que l’énoncé se compose de deux phrases, dont le sens est : « Je ferai assurément telle chose ; si Allah le veut, je la ferai assurément », la réponse à la condition ayant été retranchée parce que ce qui précède la remplace.
Al-Farrāʾ et d’autres considèrent, quant à eux, que cette condition se rattache à ce qui précède sans suppression aucune ; selon eux, la condition peut tantôt précéder, tantôt suivre, et c’est là l’opinion la plus solide.
De la même manière que la réponse à un serment est omise lorsque la réponse à la condition en occupe la place — sans qu’il existe alors de réponse au serment retranchée —, de même, lorsque la réponse à la condition est avancée, elle dispense de la faire suivre ; il n’existe alors aucune omission, cela ne vient à l’esprit de personne et n’a jamais été employé. Or, ce qui n’effleure pas l’esprit de l’orateur et ne figure pas dans l’usage ne saurait être tenu pour sous-entendu ; le locuteur veut seulement relier, par la condition retardée, ce qui précède dans la phrase.