les conditions énoncées dans le Livre et la Sunna ; et Allah est plus savant. (1)
La réponse est la suivante :
Quant à la parole de Joubayr ibn Muṭʿim (2) : « Si tu tues Ḥamza en représailles de mon oncle, tu es affranchi », l’invoquer ici comme argument est d’une extrême corruption et relève d’un manque évident de sagacité, car il s’agit d’une condition dont la réalisation est réellement voulue.
Il a déjà été expliqué, à plusieurs reprises, que la condition peut prendre l’aspect d’un serment lorsqu’on ne désire pas qu’elle se réalise ; elle sert alors de dissuasion.
En revanche, lorsqu’on veut au contraire s’y pousser, il faut nécessairement qu’elle soit assortie de la particule de négation. Ainsi quelqu’un dira : « Si je voyage avec vous, mon esclave est affranchi. » Ici, son intention est de se dissuader de voyager, c’est-à-dire de ne pas partir.
Mais s’il dit : « Si je ne voyage pas avec vous, mon esclave est affranchi », il veut par là s’inciter à voyager, c’est-à-dire à partir effectivement.
De même, dans l’affaire de Laylâ bint al-ʿAǧmāʾ, celle-ci déclara à son esclave : « Si je ne te sépare pas de ta femme, tout mon bien sera dépensé dans la voie d’Allah, je devrai me rendre à pied à la Maison d’Allah, tout esclave qui m’appartient sera libre, et je serai un jour juive, un jour chrétienne. » Son intention était de s’inciter elle-même à séparer les deux époux.
C’est pourquoi les Compagnons lui dirent : « Ô Hârût et Mârût ! Laisse l’homme avec son épouse et expie ton serment. » (4) Elle avait donc employé une formulation conditionnelle précédée de la négation.
En effet, dans le serment exprimé sous forme de suspension où la condition précède, la négation se place dans la clause conditionnelle.