Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Il a subordonné l’effet du divorce, que son énoncé concorde (1) ou non avec la réalité. Toutefois, s’il vise réellement l’aboutissement du divorce dès lors que la déclaration est véridique, il n’est pas, en vérité, un prêteur de serment, même s’il en affiche l’apparence ; dans ce cas, le divorce se réalise effectivement.

Ainsi, s’il dit : « Je n’ai pas accompli telle chose ; et si je l’ai accomplie, [alors] mon épouse est répudiée », ou : « Le divorce m’incombe si je l’ai faite », sachant pertinemment qu’il l’a faite, son dessein étant de provoquer la répudiation tout en la revêtant de la forme d’un serment afin de se ménager, auprès de ceux qui le blâmeraient pour cette rupture, une excuse – il leur dira : « Je voulais simplement me disculper, c’est pourquoi j’ai juré » –, eh bien, le divorce prend effet.

Quant à celui qui a véritablement l’intention de prêter serment, il ne le fait qu’en abhorrant l’obligation de la peine suspendue, même si la condition venait à se réaliser. Ainsi, quand bien même il prêterait un serment ghamûs (mensonger) et dirait : « Je ne l’ai pas fait ; et si jamais je l’ai fait, mon épouse est répudiée », il ne souhaite nullement la répudier, même s’il l’a effectivement faite ; il n’a exprimé cette imputation que pour faire croire aux gens qu’il est véridique, puisqu’il a fait de son mensonge la cause de la répudiation. Tous savent qu’il ne vise pas le divorce et ne le désire pas, même s’il est menteur.

Il n’a rendu la répudiation obligatoire pour lui qu’en la conditionnant à la survenue du mensonge, afin de nier ce mensonge, et non pour l’affirmer au cas où il existerait ; il a donc fait de la répudiation la conséquence d’un mensonge qu’il nie. Or, tout en niant la cause, il ne cherche pas à faire advenir la conséquence si jamais la cause venait à se réaliser : car, même si son mensonge est avéré, il n’a pas voulu que le divorce se produise, bien qu’il se l’en fût rendu redevable tout en récusant la cause.

(1) Ajout exigé par le contexte. (2) Ajout exigé par le contexte. (3) À l’origine : « وإن كانت فعلته » (wa-in kanat fiʿlatahu), mais le contexte impose la lecture que j’ai adoptée. (4) À l’origine : « إن » (in), et il est probable que la lecture correcte soit celle que j’ai retenue. (5) À l’origine : « وإن » (wa-in), et il est probable que la lecture correcte soit celle que j’ai retenue.
عَلَّقَهُ من الطلاق سواء [أكان] (١) خبره مطابقًا أو غير مطابقٍ، وأما إذا قصد وقوع الطلاق عند مطابقة الخبر، فهذا ليس بحالف في الحقيقة وإِنْ أظهرَ أنه حالف، بل هذا يقع به الطلاق؛ فلو قال: ما فعلتُ كذا وإن كنتُ فعلته [فامرأتي طالق] (٢) ، أو الطلاق يلزمني ما فعلته وهو يعلم أنه فعله، وقصده أن يوقع الطلاق بها وأظهر ذلك في صورة اليمين ليكون [١٩/ ب] ذلك عذرًا له عند مَنْ يلومه على الطلاق فيقول: أنا قصدت أن أبرئ نفسي فحلفت لها= فهذا يقع به الطلاق. وأما الذي يقصد اليمين فلا يكون إلا كارهًا للزوم الجزاء المعلَّق وإِنْ وجد الشرط، فهو وإِنْ حَلَفَ يمينًا غموسًا فقال: ما فعلتُ وإِنْ كنتُ فعلتُهُ فامرأتي طالق، فهو لا يريد أَنْ يطلقها وإِنْ كان فَعَلَهُ (٣) ، بل أظهر هذا اللزوم ليظهر للناس أنه صادق حيث إِنَّه (٤) جعل كذبه ملزوم الطلاق، وهم يعلمون أنه لم يقصد الطلاق وأنه (٥) لم يرده وإن كان كاذبًا، لكن جَعَلَهُ لازمًا له على تقدير الكذب نافيًا للكذب، لا على تقدير الكذب مثبتًا للكذب، فَجَعَلَهُ لازمًا للكذب الذي نفاه، ومع نفي اللزوم لا يكون مثبتًا للازم قاصدًا لوقوعه مع ثبوت الملزوم، فإنه مع ثبوت كذبه لم يقصد وقوع الطلاق وإن جعله لازمًا له مع نفيه للملزوم.
(١) إضافة يقتضيها السياق. (٢) إضافة يقتضيها السياق. (٣) في الأصل: (وإن كانت فعلته)، والسياق يقتضي ما أثبت. (٤) في الأصل: (إن)، ولعل الصواب ما أثبتُّ. (٥) في الأصل: (وإن)، ولعل الصواب ما أثبتُّ.

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