Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

« Si vous me cachez quoi que ce soit, je serai quitte de toute responsabilité à votre égard. »

Or, un propos de cette nature ne relève pas, selon les juristes, de l’énoncé : « lorsqu’un homme prête serment dans l’intention d’inciter ou de dissuader », car il ne s’appelle, en aucun cas, un serment. Ils ne l’intègrent pas non plus dans les termes d’incitation (ḥaṭṭ) et de dissuasion (manʿ) qu’ils emploient(1) à propos des serments, bien qu’en langue arabe on puisse y voir une dissuasion ; il s’agit en effet d’une dissuasion entre deux parties qui a reçu, pour cela, une appellation spécifique.

De même, si la clause suspendue est formulée comme une invocation contre autrui, il n’y a pas là de serment ; ainsi quelqu’un dira : « Si tu me fais du tort, qu’Allah se venge de toi ; si tu ne me rends pas mon droit, qu’Allah le reprenne Lui-même », et autres paroles semblables. Il s’agit alors d’une condition dont le contenu n’est pas visé pour lui-même ; l’orateur veut simplement obtenir son droit, et ce n’est pas un serment. Il en va différemment lorsque l’invocation vise sa propre personne, comme lorsqu’il dit : « Si je ne te rends pas ton droit, qu’Allah me coupe la main et le pied » ; voilà bien un serment, qu’il requière ou non une expiation.

Il en est de même des expressions de menace, telles que la parole du Très-Haut :
« Et si vous vous détournez, Il vous remplacera par un autre peuple qui ne sera point comme vous » (Muḥammad, 38),
« Et si vous recommencez, Nous recommencerons » (Al-Anfâl, 19),
« Quiconque aura fait le poids d’un atome de mal le verra » (Az-Zalzalah, 8).
Personne n’a soutenu qu’il s’agissait là de serments.

Quant à la parole du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — : « Qu’Allah ne me secoure pas si je n’accorde pas le secours aux Banû Bakr »(2), elle constitue un serment. Il en va de même de celui qui déclare : « Si je ne fais pas telle chose — ou si je la fais — alors tout esclave que je possède est affranchi, toute épouse est répudiée, il m’incombe d’accomplir trente pèlerinages, et tous mes biens sont donnés en aumône » : cela est un serment.

(1) Dans le texte originel : « yastamiʿūhu » ; la lecture « al-jādah » est celle qui a été authentifiée. (2) Je ne l’ai pas trouvée sous cette graphie. Abū Ya‘là le rapporte dans son Musnad (t. 7, p. 343), et al-Fākihī dans ses Fuawāʾid, n° 230, d’après le ḥadīth d’Aʾicha — qu’Allāh soit satisfait d’elle — dans la formulation suivante : « Dieu ne me prêtera pas assistance si je n’assiste pas les Banū Kaʿb ». Al-Ḥaythamī écrit dans al-Majmaʿ (t. 6, p. 162) : « Il a été rapporté par Abū Ya‘là d’après Ḥuzām ibn Hishām ibn Ḥubbayš, d’après son père, d’après elle. Ibn Ḥibbān les a tous deux jugés dignes de confiance, et le reste de ses transmetteurs appartient aux narrateurs du Ṣaḥīḥ. »
«إن كتمتموني شيئًا برئت منكم الذمة» ومثل هذا لا يدخل في قول الفقهاء: إذا حلف يمينًا يقصد بها حضًا أو منعًا، فإنه لا يسمى يمينًا بحال، وهم لا يُدخلون هذا في لفظ الحض والمنع الذي يستعملونه (١) في الأيمان، وإنْ كان يسمى في اللغة منعًا؛ فإنَّ هذا مَنْعٌ دخل بين اثنين فصار له اسم يخصه. وإنْ كان المعلَّق به دعاءً على الغير لم يكن يمينًا؛ كما يقول الإنسان لغيره: إنْ ظلمتني فالله ينتقم منك، وإن لم تعطني حقي فالله يأخذ حقي منك ونحو ذلك؛ فإنَّ هذا شرط ليس مقصودًا في نفسه، ومقصوده أَنْ يعطيه حقه وليس يمينًا، بخلاف ما لو كان الدعاء على نفسه كقوله: إنْ لم أعطك حقك يقطع الله يدي ورجلي؛ فهذا يمين سواء كانت مُكفَّرة أو غير مُكفَّرة. وكذلك ألفاظ الوعيد كقوله تعالى: {وَإِنْ تَتَوَلَّوْا يَسْتَبْدِلْ قَوْمًا غَيْرَكُمْ ثُمَّ لَا يَكُونُوا أَمْثَالَكُمْ} [محمد: ٣٨] {وَإِنْ تَعُودُوا نَعُدْ} [الأنفال: ١٩] {وَمَنْ يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ شَرًّا يَرَهُ} [الزلزلة: ٨] ، ولم يقل أحدٌ أَنَّ هذا يمين. وقوله - صلى الله عليه وسلم -: «لا نصرني الله إنْ لم أنصر بني بكر» (٢) يمين، وكذلك قول القائل: إِنْ لم أفعل كذا، وإن فعلت كذا فكل مملوك لي حرٌّ وكل امرأة لي طالق وعليَّ ثلاثون حجة ومالي صدقة= يمينٌ.
(١) في الأصل: (يستعملوه)، والجادة ما أثبت. (٢) لم أجده بهذا اللفظ. وأخرجه أبو يعلى في مسنده (٧/ ٣٤٣)، والفاكهي في فوائده برقم (٢٣٠) من حديث عائشة - رضي الله عنها - بلفظ: «لا نصرني الله إِنْ لم أنصر بني كعب». قال الهيثمي في المجمع (٦/ ١٦٢): رواه أبو يعلى عن حزام بن هشام بن حبيش، عن أبيه، عنها؛ وقد وثقهما ابن حبان، وبقية رجاله رجال الصحيح.

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