Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Et la réponse, après s’être désisté de l’exigence relative à l’authenticité du ḥadith, est la suivante : celui-ci ne fournit aucune preuve concernant le point de divergence ; c’est pourquoi nous n’avons pas jugé nécessaire d’en revendiquer l’authenticité. En effet, sa parole :

« La garantie d’Allah est levée à votre encontre s’il se trouve chez vous quelque bien »,

et sa parole (1) :

« La garantie d’Allah est levée à votre encontre si vous cachez quoi que ce soit »

ne relèvent pas des serments contractés ; elles appartiennent plutôt au domaine de la résiliation des contrats subordonnée à une condition. Il en est ainsi de la déclaration de l’acheteur : « Si je t’apporte le prix avant telle échéance, la vente demeure ; sinon, il n’y a pas de vente entre nous. » Que cette condition soit valide ou nulle — question qui fait l’objet d’une divergence entre les savants, la majorité d’entre eux estimant qu’elle est valide, avis rapporté de [17/a] Ibn ʿAbbâs — qu’Allah soit satisfait de lui et de son père —, on trouve de même la parole de l’un des deux associés à l’autre : « Si tu contreviens à ma condition, il n’y a plus d’association entre nous, ou bien j’annule l’association » ; ou encore la parole du mandant à son mandataire : « Si tu ne fais pas telle chose, je te révoque de ta procuration. » De la sorte, le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a subordonné l’annulation de la garantie qui existait entre lui et eux au fait qu’ils cachent quelque chose.

De même, dans les conditions posées par ʿUmar — qu’Allah soit satisfait de lui — aux chrétiens (2), il stipula la même chose en disant : « Si vous contrevenez à quoi que ce soit de ce que nous vous avons imposé, il nous sera alors licite de vous traiter comme on traite les gens d’opposition et de dissension » (3). Or, ceci et ce qui y ressemble n’appartient pas à la catégorie des serments qu’Allah a prescrits

(1) À l’origine : « (فقوله) » ; la lecture correcte est cependant celle que nous avons retenue. (2) Le copiste a inscrit « على » en marge, annotant « صح » au-dessus, ce qui est exact ; j’ai donc corrigé « للنصارى » en « النصارى » pour assurer la cohérence du texte. (3) Rapporté par al-Khallāl dans son al-Jāmiʿ (t. 2, p. 431, n° 1003) et par al-Bayhaqī dans les Sunan al-Kubrā (t. 19, p. 66, h. 18751), entre autres. Ibn Kathīr en étudie longuement les chaînes de transmission dans le Musnad al-Fārūq (t. 2, pp. 334-338), citant un opuscule d’Ibn Zubayr consacré aux « conditions ‘umariennes ». Il affirme : « Ce sont des chaînes qui se corroborent mutuellement ; nous avons cité leurs témoins et les avons traitées séparément, louange à Dieu. » L’opuscule d’Ibn Zubayr al-Rubʿī a fait l’objet de plusieurs éditions, la meilleure étant celle établie par le cheikh Anas ibn ʿAbd al-Raḥmān al-ʿAqīl pour les Liqāʾāt al-ʿAshr al-Awākhir (1427 H). Quant à l’opuscule d’al-Daqāq sur les conditions ‘umariennes applicables aux chrétiens, il a été édité par le cheikh Nidham Muḥammad Yaʿqūbī dans les mêmes rencontres (1422 H). Ibn Taymiyya note dans Iqtidāʾ al-Ṣirāṭ al-Mustaqīm (t. 1, p. 365) : « Ces conditions sont les plus célèbres dans les ouvrages de fiqh et de sciences ; elles font l’unanimité parmi les savants, leurs disciples et l’ensemble des imams. » Ibn al-Qayyim écrit dans Aḥkām Ahl al-Dhimma (t. 3, p. 1164) : « Les imams les ont reçues, consignées et invoquées comme preuves ; leur mention n’a cessé d’être sur leurs lèvres et dans leurs écrits, et les califes postérieurs les ont appliquées. » Voir également : Majmūʿ al-Fatāwā (t. 28, p. 652).
والجواب بعد النزول عن المطالبة بصحة الحديث: بأنه ليس فيه حجة على محل النزاع؛ فلهذا لم نحتجْ إلى المطالبة بصحته؛ وذلك أَنَّ قولَهُ: «برئت منكم ذمة الله إن كان عندكما شيء» ، وقوله (١) : «برئت ذمة الله منكم إن كتمتم شيئًا» ليس من الأيمان المعقودة، بل هو من جنس تعليق فسخِ العقود على الشروط، كقول المشتري: إِنْ جئتك بالثمن إلى وقت كذا وإلا فلا بيع بيننا، وسواء كان هذا الشرط صحيحًا أو فاسدًا، فإنَّ في ذلك نزاعًا بين العلماء، وأكثرهم على أنه شرط صحيح، وذلك منقول عن [١٧/ أ] ابن عباس - رضي الله عنهما -، ومثل قول أحد الشريكين للآخر: إِنْ خالفتَ شرطي فلا شركةَ بيننا أو فقد فسخت الشركة، وقول الوكيل لوكيله: إِنْ لم تفعل كذا فقد عزلتك عن الوكالة؛ فالنبي - صلى الله عليه وسلم - عَلَّقَ براءته من الذمة التي بينه وبينهم على كتمان شيء. وكذلك في شروط عمر - رضي الله عنه - على النصارى (٢) شَرَطَ مثل هذا، فقال: إِنْ خالفتم شيئًا مما شرطناه عليكم فقد حَلَّ لنا منكم ما يحل من أهل المعاندة والشقاق (٣) ، وليس هذا وأمثاله من جنس الأيمان التي فرض الله
(١) في الأصل: (فقوله)، والصواب ما أثبت. (٢) وضع الناسخ (على) في الهامش وكتب فوقها (صح) وهذا هو الصواب؛ وبناءً عليه قمتُ بتعديل (للنصارى) إلى (النصارى) ليستقيم الكلام. (٣) أخرجه الخلال في جامعه (٢/ ٤٣١/ رقم ١٠٠٣)، والبيهقي في السنن الكبير (١٩/ ٦٦/ ح ١٨٧٥١) وغيرهما. وقد أطال في ذكر طرقه ابن كثير في مسند الفاروق (٢/ ٣٣٤ - ٣٣٨) نقلاً عن ابن زبر في جزءٍ له جمعه في الشروط العمرية. ثم قال: فهذه طرقٌ يشد بعضها بعضًا، وقد ذكرنا شواهد هذه الشروط، وتكلمنا عليها مفردة، ولله الحمد. وقد طُبع جزء ابن زَبر الرَّبَعِي عدة طبعات أجودها بتحقيق الشيخ أنس بن عبد الرحمن العقيل ضمن لقاءات العشر الأواخر عام (١٤٢٧)، كما طبع للدقاق جزء فيه شروط عمر بن الخطاب على النصارى بتحقيق الشيخ نظام محمد يعقوبي ضمن لقاءات العشر الأواخر عام (١٤٢٢). قال ابن تيمية في اقتضاء الصراط المستقيم (١/ ٣٦٥): (وهذه الشروط أشهر شيءٍ في كتب الفقه والعلم، وهي مجمعٌ عليها في الجملة بين العلماء المتبوعين وأصحابهم وسائر الأئمة). وقال ابن القيم في أحكام أهل الذمة (٣/ ١١٦٤): (إنَّ الأئمة تلقوها بالقبول، وذكروها في كتبهم، واحتجوا بها، ولم يزل ذكر الشروط العمرية على ألسنتهم وفي كتبهم، وقد أنفذها بعده الخلفاء وعملوا بها). وانظر: مجموع الفتاوى (٢٨/ ٦٥٢).

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