Abû al-Aswad nous rapporta, d’après ʿUrwa b. az-Zubayr :
« Les musulmans assiégèrent alors les Juifs par le siège le plus sévère. Quand ceux-ci virent la situation, ils demandèrent au Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — la garantie de la sécurité pour leurs vies, renonçant en sa faveur à Khaybar, à sa terre et à tous les biens qu’ils possédaient (1). Il conclut donc avec eux un accord portant sur la “jaune” et la “blanche” — c’est-à-dire le dînâr et le dirham —, sur la ḥalqa — c’est-à-dire l’armement —, ainsi que sur les étoffes, à l’exception du vêtement que porte un homme sur le dos, puis il déclara : « La garantie d’Allah est levée à votre encontre si vous dissimulez quoi que ce soit. » Il poursuivit le récit jusqu’à ce qu’il ajouta :
[Puis] le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — ordonna à az-Zubayr de remettre Kinâna b. Abî al-Ḥuqayq à Muḥammad b. Maslama, qui l’exécuta (3).
Ce récit renferme donc une condition dont l’objectif était d’empêcher toute dissimulation ; et, lorsqu’ils en cachèrent effectivement, la conséquence stipulée s’ensuivit : la garantie d’Allah et celle de Son Messager furent rompues, ce qu’atteste l’ordre — qu’Allah prie sur lui et le salue — de mettre à mort Kinâna b. Abî al-Ḥuqayq. De la même manière, le premier récit contenait une condition visant à faire constater la véracité.
Si tu dis : « Le meurtre ne provient pas de la condition elle-même ; il est seulement dû au fait que la trêve avait été conclue sous réserve de l’accomplissement de la condition ; lorsqu’ils l’ont violée, ils ont été ramenés à leur état initial, celui de la guerre. »
Je réponds : Ibn Taymiyya prétend que, chaque fois qu’une condition n’est pas voulue pour elle-même mais qu’elle vise à exhorter, à interdire, à confirmer ou à démentir, il n’en résulte que l’obligation d’une expiation ; or, ce récit le réfute. Allah est plus Savant (4).