Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Des serments contraignants ; puis ils ordonnent d’accomplir l’expiation de ce qu’ils estiment (1) expiable. Quant à ce qui, selon eux, n’admet aucune expiation, tel le divorce ou l’affranchissement, ils recourent à des subterfuges évoqués par certains de ceux qui considèrent ces engagements comme des serments (2) irrévocables : soit par khulʿ al-yamîn (la levée du serment), soit par la rotation des divorces, soit par le « mariage de taḥlîl ». Pour celui qui soutient que les serments des musulmans peuvent être expiés, la seule conséquence est que ces engagements deviennent, à ses yeux, des serments passibles d’expiation.

L’intention, ici, est de souligner que le fait de faire prêter un tel serment ne constitue en soi aucune preuve d’un quelconque jugement légal. Toutefois, certains imposent leur doctrine en se prévalant du soutien de gouvernants dépourvus de la science nécessaire pour arbitrer les différends. Ils leur laissent parfois croire que l’un des deux avis contrarie leurs intérêts ou leur porte préjudice ; or cela peut être mensonger, et leur propos se révèle alors en réalité plus contraire encore à l’objectif recherché par le gouvernant et plus nuisible pour lui, sans qu’il ne s’en rende compte.

Il est, en outre, des gens dont l’inclination vers l’un des deux avis procède de leurs passions et de leurs intérêts, non parce qu’il s’agit de la vérité avec laquelle Allah a envoyé Son Messager ; ce phénomène est répandu aussi bien chez les gouvernants que chez les gouvernés. Désir (shahwa) et ambiguïté (shubha) peuvent se conjuguer ; et lorsque cela se produit chez les gouvernants, cela devient une cause d’occultation de la vérité, sur certaines questions, pour beaucoup, voire pour la plupart, des gens, comme l’a dit Ibn Masʿûd – qu’Allah l’agrée : « Que ferez-vous lorsqu’une tentation vous enveloppera, tentation dans laquelle le jeune grandira et le vieillard vieillira ? Lorsque l’on délaissera une innovation, on dira : “On a délaissé la Sunna” » (3).

(1) Dans l’original : « يرو », la lecture correcte est celle que j’ai établie. (2) Dans l’original : « أيمان », la lecture exacte est celle que j’ai établie. (1) Rapporté par Muʿammar b. Rāchid dans son al-Jāmiʿ (t. 11, p. 359), par Ibn Abī Shayba dans al-Musannaf (n° 38311), par al-Shāshī dans son Maṣnad (t. 2, p. 90), par al-Bayhaqī dans Shuʿab al-Īmān (t. 9, p. 212, n° 6552) et par Ibn ʿAbd al-Barr dans Jāmiʿ Bayān al-ʿIlm wa Faḍlihi (t. 1, p. 654). Le texte est : « Comment connaîtrez-vous votre état lorsqu’une fitna vous revêtira, dans laquelle le plus jeune grandira, le plus âgé vieillira et l’on adoptera une sunna ; si un jour on la modifie, on dira : “C’est un acte blâmable….” » Dans une autre version : « …si quelque chose y est modifié, on dira : “La sunna a été modifiée.” »
أيمان لازمة؛ ثم يأمرون بتكفير ما يرون (١) تكفيره، وما لا كفارة له عندهم كالطلاق والعتاق يحتال له بالحيل التي ذكرها بعض من يراها أيمانًا (٢) لازمة إما بخلع اليمين وإما بدور الطلاق وإما بنكاح التحليل، وأما من يقول أيمان المسلمين مكفرة فغاية هذه أن تكون عنده أيمانًا مكفَّرة. والمقصود هنا: أنه ليس في تحليف مَنْ حَلَّفَ بذلك دليل على حكم شرعي أصلًا، ولكن من الناس من يقيم مذهبه بانتصاره ببعض الولاة الذين لا علم عندهم يفصلون به بين الناس فيما تنازعوا فيه، وقد يوهمونه أَنَّ أحد القولين يضاد مقصوده أو أنه يضره؛ وقد يكونون كاذبين في ذلك، ويكون قولهم أعظم مناقضة لمقصوده وأضر عليه وهو لا يعرف ذلك، ومن الناس مَنْ يكونُ مَيلُهُ إلى أحد القولين لهواه وغرضه لا لأجل أنه الحق الذي بعث الله به رسوله وهذا كثيرٌ في الولاة والرعية، وقد تجتمع شهوة وشبهة وإذا كان ذلك في الولاة كان مثل هذا من أسباب خفاء الحق في بعض المسائل عند كثير من الناس أو أكثرهم؛ كما قال ابن مسعود - رضي الله عنه -: (كيف بكم إذا لبستكم فتنة يربو فيها الصغير ويهرم فيها الكبير؟! إذا تركت بدعة، قيل: تركت السنة) (٣) .
(١) في الأصل: (يرو)، والصواب ما أثبتُّ. (٢) في الأصل: (أيمان)، والجادة ما أثبتُّ. (١) أخرجه معمر بن راشد في جامعه (١١/ ٣٥٩)، وابن أبي شيبة في المصنف (٣٨٣١١)، والشاشي في مسنده (٢/ ٩٠)، والبيهقي في شعب الإيمان (٩/ ٢١٢/ برقم ٦٥٥٢)، وابن عبد البر في جامع بيان العلم وفضله (١/ ٦٥٤) ولفظه: (كيف بكم إذا لبستكم فتنة يربو فيها الصغير، ويهرم فيها الكبير، وتتخذ سنة؛ فإنْ غيِّرت يومًا قيل: هذا منكر ... )، وفي لفظ: ( ... إذا غُيِّرَ منها شيءٌ قيل: غُيِّرَت السنة).

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