Des serments contraignants ; puis ils ordonnent d’accomplir l’expiation de ce qu’ils estiment (1) expiable. Quant à ce qui, selon eux, n’admet aucune expiation, tel le divorce ou l’affranchissement, ils recourent à des subterfuges évoqués par certains de ceux qui considèrent ces engagements comme des serments (2) irrévocables : soit par khulʿ al-yamîn (la levée du serment), soit par la rotation des divorces, soit par le « mariage de taḥlîl ». Pour celui qui soutient que les serments des musulmans peuvent être expiés, la seule conséquence est que ces engagements deviennent, à ses yeux, des serments passibles d’expiation.
L’intention, ici, est de souligner que le fait de faire prêter un tel serment ne constitue en soi aucune preuve d’un quelconque jugement légal. Toutefois, certains imposent leur doctrine en se prévalant du soutien de gouvernants dépourvus de la science nécessaire pour arbitrer les différends. Ils leur laissent parfois croire que l’un des deux avis contrarie leurs intérêts ou leur porte préjudice ; or cela peut être mensonger, et leur propos se révèle alors en réalité plus contraire encore à l’objectif recherché par le gouvernant et plus nuisible pour lui, sans qu’il ne s’en rende compte.
Il est, en outre, des gens dont l’inclination vers l’un des deux avis procède de leurs passions et de leurs intérêts, non parce qu’il s’agit de la vérité avec laquelle Allah a envoyé Son Messager ; ce phénomène est répandu aussi bien chez les gouvernants que chez les gouvernés. Désir (shahwa) et ambiguïté (shubha) peuvent se conjuguer ; et lorsque cela se produit chez les gouvernants, cela devient une cause d’occultation de la vérité, sur certaines questions, pour beaucoup, voire pour la plupart, des gens, comme l’a dit Ibn Masʿûd – qu’Allah l’agrée : « Que ferez-vous lorsqu’une tentation vous enveloppera, tentation dans laquelle le jeune grandira et le vieillard vieillira ? Lorsque l’on délaissera une innovation, on dira : “On a délaissé la Sunna” » (3).