Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Le second avis s’apparente à celui qui considère que sa conséquence est l’exécution seule, sans expiation ; on a d’ailleurs rapporté que telle était la loi des Gens du Livre. Affirmer qu’il incombe de réaliser ce qui a été subordonné à la condition relève donc du genre de la législation abrogée : la loi des Gens du Livre et ce qu’ils suivaient au début de l’Islam.

Quant à l’opinion selon laquelle la formule ne se conclut pas et n’entraîne rien, elle revient à soutenir que les serments des musulmans n’imposent au jurant ni exécution ni expiation. Cela se rattache aux propos des gens de la Jâhiliyyah, propos qui n’ont jamais été institués par la Loi ; or, une législation abrogée vaut mieux qu’une parole qui n’a jamais été légiférée (1).

Ce principe n’est pas propre à cette question ; en toute controverse, l’avis qui, en réalité, contredit le jugement d’Allâh et de Son Messager doit nécessairement relever d’une religion abrogée ou altérée (2), même si celui qui le défend est un mujtahid qui, pour l’effort consenti en obéissance à Allâh et à Son Messager, est récompensé et dont l’erreur est pardonnée. Car, pour chaque événement, il n’existe auprès d’Allâh et de Son Messager qu’un seul jugement – celui qu’Il a révélé à Son Messager ; tous les autres jugements ne possèdent pas ce statut, bien que leurs auteurs soient excusés et récompensés.

C’est pour cette raison que le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – dit à Sa‘d ibn Mu‘âdh lorsqu’il statua au sujet des Banû Qurayza :

« Tu as prononcé sur eux le jugement d’Allâh, de par-dessus sept couches » (3).

(1) Majmû‘ al-fatâwâ (vol. 33, p. 40), Al-Fatâwâ al-Kubrâ (vol. 3, p. 301). Voir également infra, p. 857. (2) Majmû‘ al-fatâwâ (vol. 11, p. 404 ; vol. 13, p. 64 ; vol. 27, p. 397), Al-Fatâwâ al-Kubrâ (vol. 4, p. 27), Al-Ikhâniyya (p. 162–163). (3) Rapporté ainsi par Ibn Isḥaq dans la Sîra — comme on le trouve dans la Sirat al-Nabawiyya d’Ibn Hishâm (vol. 3, p. 251) et dans Takhriğ Aḥâdîth al-Kashshâf (vol. 3, p. 103) —, puis, par sa chaîne, chez Ibn Zanjawayh dans al-Amwâl (vol. 1, p. 344) de ’Âsim b. ’Umar b. ’Abd al-Raḥmân b. ’Amr b. Sa‘d b. Mu‘âdh, de ’Alqama b. Abî Waqâs al-Layshî. Selon al-Dhahabî dans al-‘Ulû (p. 35) et Ibn Ḥajar dans al-Fatḥ (vol. 7, p. 412) : Mursal. Voir aussi Irwâ’ al-Ghalîl (vol. 5, p. 276) et Al-Silsila al-Ṣaḥîḥa (vol. 6, p. 557). L’original se trouve dans al-Bukhârî (n° 3043) et Muslim (n° 1768) par le hadith d’Abû Sa‘îd al-Khudrî, qu’Allah soit satisfait de lui. Dans al-Bukhârî, le libellé est : «Laqad ḥakamtu fîhim bi-ḥukm al-malik.»
والثاني يشبه قول من جعل موجَبها الوفاءَ دون الكفارة، وهذا قد قيل إنه كان شرع أهل الكتاب؛ فالقول بلزوم ما عَلَّقَهُ من جنس الشرع المنسوخ شرعِ أهلِ الكتاب وما كانوا عليه في أول الإسلام، وأما القول بأنها غير منعقدة ولا توجب شيئًا فهذا قول من يجعل أيمان المسلمين لا توجب على الحالف شيئًا لا وفاء ولا كفارة، وهذا من جنس قول أهل الجاهلية الذي لم يشرع بحال، وشرعٌ منسوخٌ خيرٌ من قولٍ لم يشرع بحال (١) . وليس هذا من خصائص هذه المسألة؛ بل كل مسألة فيها نزاع فالقول المخالف في نفس الأمر لحكم الله ورسوله لا بُدَّ أنْ يكونَ من جنسِ الدين المنسوخ أو المبدل (٢) ، وإنْ كانَ قائله مجتهدًا مثابًا على ما فعله من طاعة الله ورسوله وخطؤه مغفور له، لكن ليس لله ورسوله في كلِّ حادثةٍ إلا حكمٌ واحدٌ هو الذي بعث به رسوله، وسائرها ليست كذلك وإِنْ عُذِرَ فيها أصحابها وَأُجِرُوا. ولهذا قال النبي - صلى الله عليه وسلم - لسعد بن معاذ لما حكم في بني قريظة: «لقد حكمتَ فيهم بحكمِ اللهِ منْ فوقِ سبعة أرقعة» (٣) .
(١) مجموع الفتاوى (٣٣/ ٤٠)، الفتاوى الكبرى (٣/ ٣٠١). وانظر ما سيأتي (ص ٨٥٧). (٢) مجموع الفتاوى (١١/ ٤٠٤)، (١٣/ ٦٤)، (٢٧/ ٣٩٧)، الفتاوى الكبرى (٤/ ٢٧)، الإخنائية (١٦٢ - ١٦٣). (٣) أخرجه بهذا اللفظ: ابن إسحاق في السيرة ــ كما في السيرة النبوية لابن هشام ٣/ ٢٥١، وتخريج أحاديث الكشاف ٣/ ١٠٣ ــ، ومن طريقه ابن زنجويه في الأموال (١/ ٣٤٤) عن عاصم بن عمر بن عبد الرحمن بن عمرو بن سعد بن معاذ، عن علقمة بن أبي وقاص الليثي به. قال الذهبي في العلو (ص ٣٥) وابن حجر في الفتح (٧/ ٤١٢): مرسل. انظر: إرواء الغليل (٥/ ٢٧٦)، السلسلة الصحيحة (٦/ ٥٥٧). وأصله في البخاري (٣٠٤٣)، ومسلم (١٧٦٨) من حديث أبي سعيد الخدري - رضي الله عنه -، ولفظ البخاري: «لقد حكمت فيهم بحكم الملك».

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