Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

L’enfant né d’une telle union est rattaché à la filiation de son père et n’est pas considéré comme issu d’une fornication ; il est, par consensus des savants, celui que le commun appelle « walad ḥalāl ». En effet, la filiation et la liberté de l’enfant suivent la conviction de l’homme qui a eu le rapport ; ainsi, quiconque cohabite avec une femme qu’il tient pour son épouse alors que le mariage est nul, ou croit qu’aucun divorce n’a eu lieu sans savoir qu’il a effectivement été prononcé, verra tout de même l’enfant affilié à sa lignée – on ne dira donc pas qu’il est né d’adultère.

De même, si un homme a des rapports avec une femme qu’il croit être son épouse libre ou son esclave, l’enfant né de cette union est libre, quand bien même, en réalité, la femme serait la propriété d’un autre ; on nomme cet homme « al-maġrūr » (celui qui a été trompé). Ce jugement est connu des Compagnons – qu’Allah les agrée –, des Successeurs et de l’ensemble des savants musulmans : ils font dépendre la filiation et la liberté de la conviction du partenaire, même erronée. Cette question est développée ailleurs.

Ce qui nous importe ici, c’est que la conviction de celui qui a suspendu le divorce – à savoir qu’il se produira par le non-respect de la condition – n’entraîne pas, d’après l’unanimité des savants, la survenance effective du divorce lorsque la condition est violée. Ainsi, celui qui estime que le divorce n’a pas lieu dira qu’il n’a pas eu lieu, fût-ce alors même que l’intéressé pense le contraire ; et celui qui pense qu’il se réalise dira qu’il s’est réalisé, quand bien même le mari croirait qu’il ne s’est pas produit. Il en va de même pour toutes les expressions ambiguës qui peuvent, ou que l’on imagine pouvoir, signifier le divorce, telles que les formulations de kināyah.

Ainsi, si un homme dit à son épouse : « Tu es khaliyya », « barīyya », « bāʾin », « battaḥ », « batla », « Ta corde est sur ton encolure », ou toute autre expression analogue, on se réfère à l’intention qu’il visait par ces paroles : voulait-il le divorce ou autre chose ? S’il voulait autre chose que le divorce, celui-ci ne survient pas, même s’il pensait qu’il se produisait.

(1) Dans l’original : « وقع ». La lecture correcte est celle que j’ai établie. (2) Majmū‘ al-fatāwā (t. 14/34 ; t. 29/326 ; t. 32/67, 79, 103, 383 ; t. 34/13-16, 26) ; al-Fatāwā al-Kubrā (t. 3/349).
ويلحقه نسب الولد فلا يكون ولد زنا؛ بل هو الذي تسميه العامة «ولد حلال» باتفاق العلماء، فإن النَّسَبَ وحرية الولدِ تتبعُ اعتقادَ الواطئ؛ فمن وطئ من يعتقدها امرأته وكان نكاحه فاسدًا، أو اعتقد أنه لم يقع (١) به الطلاق ولم يعلم أنه وقع به = فالولد يلحقه نسبه، ولا يقال: إنه ولد زنا. وكذلك لو وطئ مَنْ يعتقدها امرأته الحرة أو أمته، فإنَّ ولدَهُ حُرٌّ وإن كانت في الباطن مملوكةً لغيره، ويُسمَّى هذا «المغرور» ، وهذا من الأحكام المعروفة عن الصحابة - رضي الله عنهم - والتابعين وسائر علماء المسلمين يجعلون النسب والحرية تتبع اعتقاد الواطئ وإنْ كان مخطئًا في اعتقاده، وهذا مبسوط في موضع آخر (١) . والمقصود هنا: أَنَّ اعتقاد المعلِّق أنَّهُ يقع به الطلاق لا يوجب وقوع الطلاق إذا حنث باتفاق العلماء؛ بل مَنْ رَأَى أنَّهُ لا يقع الطلاق يقول: إنه لا يقع وإن اعتقد أنه يقع، ومَنْ قال: إنَّهُ يقع يقول: إنَّهُ وقع وإن اعتقد [١٢/ أ] أنه لم يقع؛ وهكذا الحكم في سائر الكلمات التي تحتمل الطلاق أو يظن أنها طلاق كألفاظ الكنايات. فلو قال الرجل لامرأته: أنتِ خَلِيَّة أو بَرِيَّة أو بائن أو بَتَّهٌ أو بَتْلَة أو حبلك على غاربك ونحو ذلك فإنه يرجع إلى مراده بهذا الكلام، هل أراد به الطلاق أم غير الطلاق؟ فإذا أراد به غير الطلاق لم يقع به وإن اعتقد أنه يقع به
(١) في الأصل: (وقع)، والصواب ما أثبتُّ. (٢) مجموع الفتاوى (١٤/ ٣٤) (٢٩/ ٣٢٦) (٣٢/ ٦٧، ٧٩، ١٠٣، ٣٨٣) (٣٤/ ١٣ - ١٦، ٢٦)، الفتاوى الكبرى (٣/ ٣٤٩).

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