L’enfant né d’une telle union est rattaché à la filiation de son père et n’est pas considéré comme issu d’une fornication ; il est, par consensus des savants, celui que le commun appelle « walad ḥalāl ». En effet, la filiation et la liberté de l’enfant suivent la conviction de l’homme qui a eu le rapport ; ainsi, quiconque cohabite avec une femme qu’il tient pour son épouse alors que le mariage est nul, ou croit qu’aucun divorce n’a eu lieu sans savoir qu’il a effectivement été prononcé, verra tout de même l’enfant affilié à sa lignée – on ne dira donc pas qu’il est né d’adultère.
De même, si un homme a des rapports avec une femme qu’il croit être son épouse libre ou son esclave, l’enfant né de cette union est libre, quand bien même, en réalité, la femme serait la propriété d’un autre ; on nomme cet homme « al-maġrūr » (celui qui a été trompé). Ce jugement est connu des Compagnons – qu’Allah les agrée –, des Successeurs et de l’ensemble des savants musulmans : ils font dépendre la filiation et la liberté de la conviction du partenaire, même erronée. Cette question est développée ailleurs.
Ce qui nous importe ici, c’est que la conviction de celui qui a suspendu le divorce – à savoir qu’il se produira par le non-respect de la condition – n’entraîne pas, d’après l’unanimité des savants, la survenance effective du divorce lorsque la condition est violée. Ainsi, celui qui estime que le divorce n’a pas lieu dira qu’il n’a pas eu lieu, fût-ce alors même que l’intéressé pense le contraire ; et celui qui pense qu’il se réalise dira qu’il s’est réalisé, quand bien même le mari croirait qu’il ne s’est pas produit. Il en va de même pour toutes les expressions ambiguës qui peuvent, ou que l’on imagine pouvoir, signifier le divorce, telles que les formulations de kināyah.
Ainsi, si un homme dit à son épouse : « Tu es khaliyya », « barīyya », « bāʾin », « battaḥ », « batla », « Ta corde est sur ton encolure », ou toute autre expression analogue, on se réfère à l’intention qu’il visait par ces paroles : voulait-il le divorce ou autre chose ? S’il voulait autre chose que le divorce, celui-ci ne survient pas, même s’il pensait qu’il se produisait.