Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Ainsi, le parjure aurait conclu un pacte, puis l’aurait rompu ; il aurait fait du serment(1) – fondé sur la vénération – une obligation qu’il vient d’annuler, se plaçant à l’image du traître menteur. Ou bien, si le pacte subsiste, la vénération de l’Être par qui il a juré ne disparaît pas de son cœur(2). Il faut donc nécessairement que l’une ou l’autre de ces deux situations advienne lorsqu’aucune taḥlilah n’est prévue pour le serment.

De même, celui qui prête serment sous la forme d’une clause suspensive, avec l’intention d’énoncer un serment, se trouve, en l’absence de taḥlilah, contraint soit d’assumer ce qu’il a subordonné, soit de devenir parjure, pareil au traître mensonger.

C’est pourquoi nombre de personnes qui jurent par le divorce ou par un autre type d’astreinte sacrée, puis se parjurent tout en estimant qu’il n’existe pour eux ni taḥlilah ni expiation, n’ont d’autre issue que l’une des deux suivantes : soit ils se conforment à ce qu’ils ont suspendu, soit ils se convainquent qu’ils ont prêté un serment et commis, en y contrevenant, une impiété semblable à celle du traître menteur. S’il s’agit d’un serment par Allah au sujet d’une chose, et qu’ils la réalisent, ils pensent avoir accompli un péché grave du fait de leur parjure, sans admettre l’existence d’une expiation. S’il s’agit d’un serment prononcé par le divorce et qu’ils croient celui-ci effectif, ils considèrent que leur épouse est répudiée, tout en continuant à avoir avec elle des rapports illicites ; beaucoup agissent ainsi par désir d’elle.

Lorsqu’un homme a juré par le divorce, se rend compte qu’il a failli et se croit désormais astreint à la répudiation, les cas se divisent en trois catégories. La première regroupe ceux qui tiennent la répudiation pour acquise et le taḥlil pour illicite ; cette conviction représente, à leurs yeux, une religion authentique qui prévaut sur leur inclination envers la femme. Ils s’en séparent donc – malgré leur répugnance – par crainte du châtiment divin qu’ils estiment mériter(3)(4) s’ils ne la quittent pas.

Une seconde catégorie réunit ceux qui désirent leur épouse et n’entrevoient d’issue que dans le taḥlil ; ils y recourent, suivant l’avis de ceux qui l’autorisent, et supportent les désagréments qui en résultent, persuadés qu’elle ne leur est pas licite.

(1) À l’origine : « al-ḥanth », mais ce qui me paraît le plus vraisemblable est ce que j’ai établi. (2) À l’origine : « an », mais ce qui me paraît le plus vraisemblable est ce que j’ai établi. (3) À l’origine : « yastaḥiqqūnahum », et la version correcte est celle que j’ai établie. (4) À l’origine : « yufāriqūnahā », et la forme correcte est celle du mode jussif, comme je l’ai établie.
ولكان الحانث قد عقد عقدًا وفسخه، وجعل الحلف (١) لازمًا للتعظيم وقد نقض عقده = بمنزلة الغادر الكاذب، أو لا (٢) يزولَ تعظيمُ المحلوفِ بِهِ من قلبه إن كان العقد باقيًا؛ فلا بُدَّ من هذا أو هذا إن لم يكن لليمين تحلة. وهكذا إذا حلف بصيغة التعليق قصدًا لليمين فلا بُدَّ إذا لم يكن لهذه اليمين تحلة من أنْ يلزمه ما علقه، أو أن يكون حانثًا في يمينه بمنزلة الغادر الكاذب؛ ولهذا كثيرٌ ممن يحلف بالطلاق أو غيره من الأيمان ثم يحنث ولا يرى أن له تحلة ولا كفارة ليمينه لا بُدَّ له من أحد أمرين: إما أن يلتزم ما عَلَّقَهُ، وإما أَنْ يعتقد في نفسه أنه حلف يمينًا وَفَجَرَ في الحنث بها كالغادر الكاذب؛ فإن كانت يمينًا بالله على شيء وَفَعَلَهُ= اعتقد أنه قد أتى ذنبًا عظيمًا إذا حنث ولم يعتقد أن له كفارة، وإنْ كان يمينًا بالطلاق واعتقد أنه يقع به= اعتقدَ أَنَّ امرأتَهُ مطلقةٌ منه، وهو يطؤها وطئًا محرمًا، وكثيرٌ منَ الناس مَنْ يُقْدِم على ذلك لرغبته فيها. فإنَّ الحالفَ بالطلاقِ إذا رأى أنه قد حنث ولزمه [١١/ أ] الطلاقُ ثلاثة أقسامٍ: قسمٌ يعتقدون وقوع الطلاق وحرمةَ التحليل؛ ويكون هذا الذي اعتقدوه دينًا صحيحًا راجحًا عندهم على إرادة المرأة، فيفارقونها ــ وإن كرهوا فراقها ــ خوفًا من عقاب الله الذي اعتقدوا أنهم يستحقونه (٣) إذا لم يفارقوها (٤) . ومنهم مَنْ يَرغَبُ في امرأته، ولا يرى له طريقًا إلا التحليل؛ فيفعله تقليدًا لمن يجوِّزُهُ، ويحتمل ما في ذلك من المكاره لاعتقاده أنها لا تحل له
(١) في الأصل: (الحنث)، ولعل الأقرب ما أثبت. (٢) في الأصل: (أن)، ولعل الأقرب ما أثبت. (٣) في الأصل: (يستحقونهم)، والصواب ما أثبتُّ. (٤) في الأصل: (يفارقونها)، والصواب الجزم كما أثبت.

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