Or, dès lors qu’il est acquis que le simple fait de suspendre (une obligation) implique que la conséquence prenne effet lorsque la condition se réalise – point sur lequel nul ne conteste –, la divergence ne porte que sur deux questions : premièrement, sur le fait que l’auteur du serment répugne à la survenue de la conséquence quand la condition advient ; deuxièmement, sur le jugement d’Allah et de Son Messager au sujet de la clause suspensive employée à titre de serment.
Cela dit, nous concédons que celui qui a formulé la suspension a rendu la conséquence obligatoire pour lui, et a fait de la condition un élément impliquant ladite conséquence. Toutefois, la controverse porte sur ceci : le lien et le contrat que ce déclarant a noués, l’attache qu’il a réalisée en soudant la conséquence à la condition – est-il possible, selon le jugement (1) d’Allah et de Son Messager, de rompre ce contrat et ce lien, de couper cette nécessité et de la dissoudre, de sorte que l’antécédent (2) subsiste tandis que le conséquent, qui en est l’effet nécessaire, ne se produise pas ? Tel est précisément l’objet de la dissension.
Il s’agit, en réalité, d’un désaccord touchant à la décision d’Allah et de Son Messager concernant cette implication née du serment, tout comme lorsque le jurant déclare : « Je jure par Allah que je ferai telle chose. » Le sens de ce lien est que le fait, pour l’agent (3), de vénérer Allah devient un principe impliquant et requérant l’accomplissement de l’acte. Cette implication propre au serment est notoire aussi bien pour les gens du commun que pour les spécialistes : quiconque jure par quelque chose ne le fait qu’en raison de la grandeur qu’il lui reconnaît, et il fait de cette grandeur une cause exigeant la chose jurée. La conséquence de son serment est donc que, s’il venait à manquer à son engagement, la vénération qu’il porte à Celui par qui il a juré s’éteindrait. Or, si Allah n’avait pas légiféré la dissipation (taḥlilah) des serments – si bien que, lorsque le jurant expie son serment, la vénération qu’il voue à l’Objet du serment ne disparaît pas –, alors le parjure n’aurait pu se produire qu’au prix de la disparition de cette vénération.