S’il est alors demandé :
— « Selon l’hypothèse de la relation de nécessité, son énoncé est-il affirmatif ou négatif ? »
la réponse sera :
— « Il est affirmatif dans cette hypothèse ; toutefois, pareille hypothèse est, à ses yeux, inexistante en réalité et ne saurait se réaliser. Il ne lui nuit donc nullement d’avoir posé la conséquence comme établie dans l’éventualité – impossible – de son établissement.
C’est précisément ce que l’on observe dans la parole du Très-Haut :
« S’il y avait dans l’un et l’autre [ciel et terre] des divinités autres qu’Allah, ils eussent certes sombré dans la ruine » (Al-Anbiyâ’, 22),
« S’ils étaient sortis avec vous, ils ne vous auraient ajouté que trouble » (At-Tawba, 47),
« Si Allah avait su en eux quelque bien, Il leur aurait certes fait entendre [la vérité] » (Al-Anfâl, 23),
« Cela ; et si Allah avait voulu, Il se serait certes vengé d’eux » (Muḥammad, 4) (1),
et d’autres passages semblables. Dans toutes ces formulations conditionnelles, la conséquence est tenue pour indissociable de la condition dans l’hypothèse où celle-ci existerait, alors même que l’intention est de nier l’une et l’autre.
C’est pourquoi certains grammairiens affirment que « law » est une particule par laquelle l’existence d’une chose devient impossible en raison de l’impossibilité d’une autre : autrement dit, la conséquence nécessaire est impossible parce que la condition qui la requiert est impossible, l’impossibilité de la condition entraînant celle de la conséquence. D’autres disent : c’est une particule indiquant l’impossibilité de ce dont l’existence impliquerait l’existence de son semblable. Quoi qu’il en soit, elle marque l’inexistence de la condition et la nie (2).
Dès lors, la conséquence dont l’existence est suspendue n’est nullement une information attestant son effectivité réelle ; on n’en affirme l’existence qu’à titre d’hypothèse, laquelle est tenue pour inexistante. Or, puisque cette conséquence n’est posée comme existante que sous la condition d’une chose inexistante (3), il ne l’a point déclarée existante absolument ; car ce qui dépend de l’inexistant — et l’on dit : « Si l’inexistant advenait, il existerait ; or l’inexistant n’advient pas » — ne constitue pas une affirmation de son existence. Telle est la règle concernant les conditionnelles de nature informative.