Quant à savoir si, par l’« implication de la suspension entraînant le divorce », — notion bien connue aussi bien des gens d’élite que du commun —, l’on entend que tous savent que celui qui formule la suspension a fait du condition un élément qui implique et exige la conséquence, de telle sorte que l’existence du premier entraîne nécessairement l’existence de la seconde, alors cela est juste.
C’est bien là, — et Allah est plus savant —, ce qu’il visait par sa parole :
« L’implication inhérente à la suspension quant à la survenance du divorce est une chose notoire chez la masse et l’élite, qui ne souffre aucun doute. »
Cette implication est donc admise ; aucun esprit sain ne la conteste, et elle constitue l’effet de son serment. Toutefois, la réalité est que la personne même qui a prononcé la suspension a, par là même, posé cette implication et ce lien de nécessité ; c’est lui qui a suspendu, lié et imposé, faisant de la conséquence une obligation pour lui-même. Or, une telle implication suppose nécessairement volonté et intention. Il faut cependant distinguer entre l’intention de lier, de suspendre et de poser la nécessité — en faisant de la conséquence un élément indissociable du condition —, et l’intention de vouloir l’existence même de cette conséquence, que le condition se réalise ou non.
Or, cet objecteur et ceux qui lui ressemblent ne distinguent pas entre ces deux intentions ; ils considèrent que quiconque a voulu la suspension a, par là même, voulu la réalisation de la conséquence suspendue, et c’est là une des causes de leur erreur.
En effet, le seul fait de vouloir la suspension, le lien et la relation de nécessité, par laquelle le premier élément entraîne le second, n’oblige nullement à vouloir l’existence du conséquent lorsque l’antécédent se produira. De même, dans les propositions conditionnelles affirmatives, on fait du second élément le corollaire du premier, prêt à exister si le premier existe ; on pose ainsi l’existence du conséquent lors de la réalisation de l’antécédent, sans que cela contraigne à affirmer ledit conséquent. Bien au contraire, l’on peut très bien poser cette relation tout en niant à la fois l’antécédent et le conséquent.
Son propos au sujet de la nécessité vise en réalité à nier l’antécédent du fait de l’inexistence du conséquent (1) ; il ne vise pas à affirmer le conséquent dans l’hypothèse où l’antécédent existerait. Au contraire, il nie le conséquent et ne cherche nullement à en affirmer l’existence ; il n’a fait de celui-ci un impératif que pour nier le condition, et non pour l’affirmer dans cette hypothèse.