Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

« … des musulmans si jamais je fais cela », et autres formules de ce genre que beaucoup de gens emploient. Ils rattachent ainsi leur serment à ce qu’ils tiennent pour les formes les plus graves de la mécréance, au point qu’il leur est, dans cette situation, absolument inconcevable d’en vouloir réellement l’effet ; [9/ a] ils en ont, en effet, la plus grande aversion et désirent ardemment son contraire, or une volonté ferme de voir la chose advenir contredit nécessairement une volonté ferme de la voir ne pas advenir (1).

De même, lorsque la chose subordonnée à la condition prend la forme d’une invocation de mal contre soi-même, tel son propos : « Si j’accomplis cela, qu’Allah me coupe la main, qu’Il me fasse mourir hors de l’islam, ou qu’Allah égorge mon enfant sur ma poitrine » (2), et autres semblables.

Il en va également ainsi lorsque ce qui est suspendu consiste à s’attribuer des turpitudes et des abominations qu’il abhorre au plus haut point — fût-il en réalité impossible qu’il s’en trouve affublé, mais il en conçoit malgré tout l’éventualité obligatoire —, comme s’il disait : « Si je n’accomplis pas telle chose, je me désavoue de ma parenté avec le Messager d’Allah ; ou que cette barbe devienne celle d’un efféminé ; ou que je devienne un débauché ; ou que quelqu’un abuse de moi » (3) ;

ou encore si le chrétien dit : « Je me désavoue de la croix, ou du Christ, ou de Notre Dame » ;

ou qu’une personne qui voue une grande vénération à tel shaykh, à tel proche ou à tel Compagnon déclare : « Je me désavoue du shaykh Untel, ou de ʿAlî ibn Abî Tâlib, si je fais cela ». Ainsi en est-il de toutes ces sortes de serments prêtés par les peuples, malgré la diversité de leurs religions et de leurs écoles : jamais ils ne formulent une clause suspensive par laquelle ils entendent jurer sans, parallèlement, éprouver de la répulsion pour la réalisation de ce qu’ils ont conditionné et sans souhaiter qu’elle advienne ; c’est au contraire l’une des choses les plus haïes pour eux et la plus éloignée de leur volonté. Il est donc impossible que l’un d’eux vise le serment tout en voulant que la conséquence qu’il a suspendue se produise réellement.

(1) Voir ce qui suit (pp. 118, 433-434, 462). (2) Dans l’original : (صدره) ; la lecture correcte est celle que j’ai établie. (3) Ici, un signe d’insertion est porté, mais rien n’apparaît sur la reproduction.
المسلمين إن فعلت ذلك إلى أنواع من هذه التعليقات التي يعلقها كثير من الناس، ويعلقون ما هو عندهم أغلظ أنواع الكفر الذي يمتنع في تلك الحال أن يقصدوا لزومه [٩/ أ] لهم غاية الامتناع، لأنهم في غاية الإرادة لنقيضه والكراهة له، والإرادةُ الجازمةُ لوجودِهِ تُنَاقِضُ الإرادةَ الجازمةَ لعدمِهِ (١) . وكذلك إِنْ كان المعلق بالشرط دعاءً يدعو به على نفسه من أنواع الشر، كقوله: إِنْ فعلتُ كذا قطع الله يدي، أو أَماتني على غير الإسلام، وذبح الله ولدي على صدري (٢) ونحو ذلك. وكذلك إِنْ كان المعلَّق اتصافه بقبائح ومنكرات يكره اتصافه بها غاية الكراهة، وإن كان اتصافه بها ممتنعًا في نفس الأمر لكن يقدر لزومها له؛ كقوله: إن لم أفعل كذا فأنا بريء من قرابتي من رسول الله، أو تكون هذه اللحية على مخنث، أو أكون بغَّاءً أو يركبني (٣) ، أو يقول النصراني: أكون بريئاً من الصليب، أو من المسيح، أو من السيدة، أو يقول مَنْ يُعَظِّمُ بعض المشايخ أو القرابة أو الصحابة: أنا بريء من الشيخ فلان أو من علي بن أبي طالب إن فعلت كذا، إلى أمثال هذه الأيمان التي تحلف بها الأمم على اختلاف أديانهم ومذاهبهم، لا يُعلِّقون تعليقًا يقصدون به اليمين إلا وهم كارهون لوقوع المعلَّق غير مريدين له، بل لا يكون إلا مِنْ أَكْرَهِ الأمورِ إليهم وأبعدهم عن إرادة وقوعه؛ فيمتنع أن يكون أحدهم قاصدًا لليمين، وهو مع ذلك يقصد وقوع الجزاء المعلَّق.
(١) انظر ما سيأتي (ص ١١٨، ٤٣٣ - ٤٣٤، ٤٦٢). (٢) في الأصل: (صدره)، والصواب ما أثبتُّ. (٣) هنا علامة لحق لكن لم يظهر في التصوير شيء.

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